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Amazon Prime Video attaque la chronologie des médias devant le Conseil d’État

Le géant du streaming conteste les délais imposés pour diffuser les films après leur sortie en salles, réclamant une réduction à 12 mois.
Amazon Prime Video a engagé une bataille judiciaire contre le cadre réglementaire français qui impose un délai de 17 mois avant de pouvoir proposer un film en streaming après sa sortie en salles. La plateforme a déposé un recours devant le Conseil d’État le 10 avril, suivant ainsi les pas de Netflix, qui avait initié une démarche similaire. Les deux groupes américains militent pour un raccourcissement à 12 mois, estimant que les règles actuelles ne correspondent plus aux habitudes des spectateurs.
Cette offensive intervient après l’adoption en février d’un nouvel accord sur la chronologie des médias, issu de négociations complexes entre les acteurs du cinéma et les diffuseurs. Bien que non signataires, Netflix et Amazon Prime Video sont soumis à ces dispositions, ce qu’ils contestent vigoureusement. Amazon souligne que cette réglementation pénalise l’accès du public aux œuvres, tout en réaffirmant son engagement en faveur des sorties en salles. La plateforme mise sur un dialogue renouvelé avec les professionnels du secteur pour trouver un équilibre.
Les délais varient en fonction des investissements dans la production française. Canal+, principal financeur du cinéma hexagonal avec 480 millions d’euros engagés d’ici 2027, bénéficie d’une fenêtre de diffusion réduite à six mois. Disney a quant à lui négocié un délai de neuf mois pour Disney+, en contrepartie d’une augmentation de ses contributions à la création locale. Netflix, qui verse actuellement 50 millions d’euros par an, refuse d’accroître son effort financier tout en exigeant un passage à 12 mois.
Amazon propose par ailleurs des ajustements, comme des exemptions pour certaines de ses productions ou un accès anticipé à la location après trois mois. Le groupe entend ainsi concilier soutien au cinéma et adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs. L’issue de ce bras de fer juridique pourrait redessiner les règles du jeu pour l’ensemble de l’industrie audiovisuelle.

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