Monde
Wopke Hoekstra face au défi climatique d’une Europe fragmentée


Le commissaire européen au climat tente de maintenir l’ambition environnementale de l’Union malgré les divisions internes et les pressions politiques, à l’approche de la COP30.
Wopke Hoekstra, en charge de la politique climatique de l’Union européenne, incarne aujourd’hui la difficile conciliation entre les impératifs écologiques et les réalités politiques du Vieux Continent. Ce Néerlandais de 49 ans, ancien ministre et ex-cadre du secteur énergétique, doit représenter les positions européennes lors de la prochaine conférence internationale sur le climat qui se tiendra au Brésil. Cependant, son mandat s’exerce dans un contexte marqué par d’importantes divergences entre États membres sur les objectifs à moyen terme.
Les négociations patinent en effet sur les trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2035 et 2040, risquant de handicaper la position européenne à l’international. Malgré cela, le commissaire affiche une forme d’optimisme mesuré. Il rappelle que l’UE demeure l’une des zones les plus engagées dans la transition écologique et se dit convaincu de la possibilité d’aboutir à un accord suffisamment ambitieux.
Sur le plan personnel, Wopke Hoekstra a su s’imposer comme une figure notable au sein de l’exécutif européen, par son stature et sa maîtrise technique des dossiers. Nommé en 2023, il avait initialement essuyé des critiques en raison de son passage chez Shell, mais a depuis cherché à démontrer son engagement en faveur de l’action climatique. Son rôle actif lors de la COP28 à Dubaï, où il s’était employé à faciliter un accord sur la sortie des énergies fossiles, lui a valu une reconnaissance certaine.
Toutefois, le paysage politique européen a évolué. La poussée des forces conservatrices et nationalistes au Parlement européen complique l’adoption de textes ambitieux. Plusieurs législations vertes font l’objet de reports ou de remises en cause, obligeant le commissaire à adapter sa stratégie. Issu de la droite modérée, Hoekstra défend une approche qu’il qualifie de pragmatique, visant à concilier exigences climatiques et compétitivité économique.
Les discussions sur l’objectif 2040 — une réduction de 90 % des émissions par rapport à 1990 — butent encore sur les réticences de plusieurs capitales, dont Paris. Certains observateurs estiment que le calendrier des consultations a été tardif, riscant de compromettre la capacité de l’UE à arriver unie à la COP30. La crédibilité européenne en matière climatique pourrait s’en trouver affectée si aucun accord n’émerge dans les prochaines semaines.





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