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Une commune du Cher mise sur une prime pour préserver son service de naissances


Face à la menace de fermeture de sa maternité, la municipalité de Saint-Amand-Montrond a adopté une mesure incitative inédite. Cette initiative suscite des réserves dans le milieu médical.
La ville de Saint-Amand-Montrond, dans le département du Cher, a décidé d’instaurer une allocation de mille euros à destination des femmes qui choisiraient d’y accoucher à partir de janvier 2026. Cette somme, distribuée sous forme de chèques-cadeaux utilisables chez des commerçants locaux, est financée à parts égales par la commune et l’intercommunalité. L’objectif avancé par les élus est clair. Il s’agit d’attirer suffisamment de patientes pour garantir la pérennité de la maternité locale, dont l’activité est aujourd’hui en deçà des normes réglementaires.
L’établissement, qui emploie une trentaine de personnes, se situe en effet sous le seuil des trois cents accouchements annuels requis. Les projections pour l’année en cours n’en annoncent que deux cent vingt-six. Le maire de la ville explique que cette aide financière vise à reconquérir une partie des habitantes du territoire qui se rendent actuellement dans les structures plus importantes de Bourges, Montluçon ou Nevers. Il précise que le dispositif serait conditionné à un suivi de grossesse sur place, écartant l’idée d’un déplacement long et risqué en fin de grossesse.
Cette décision municipale intervient dans un contexte national marqué par une baisse continue de la natalité et par la fermeture de nombreuses petites unités obstétricales. Elle a provoqué une réaction immédiate de plusieurs organisations professionnelles médicales. Quatre syndicats, représentant notamment les anesthésistes, les gynécologues-obstétriciens et les pédiatres, ont exprimé leur désapprobation. Ils estiment que le choix d’un lieu d’accouchement ne saurait être guidé par une motivation pécuniaire et mettent en avant des impératifs de sécurité, soulignant les risques encourus en cas de complication dans une structure peu sollicitée.
Les élus locaux défendent quant à eux une vision différente. Pour eux, la fermeture de la maternité équivaudrait à un affaiblissement majeur de l’attractivité et de l’économie du bassin de vie, le centre hospitalier dans son ensemble constituant un employeur essentiel. Ce débat local reflète une tension plus large, alors que le Parlement examine un texte visant à suspendre provisoirement les fermetures de petites maternités en attendant une réflexion sur leur avenir. La question demeure de savoir comment concilier la nécessaire qualité des soins avec le maintien des services publics en zone rurale.





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