Économie
Stellantis sous le feu des critiques : un tiers des actionnaires rejette les rémunérations pharaoniques de ses dirigeants


Malgré des performances en berne, les indemnités versées à l’ancien PDG Carlos Tavares continuent de susciter l’indignation des investisseurs.
L’assemblée générale de Stellantis a été marquée par une nouvelle fronde des actionnaires contre la politique de rémunération des dirigeants. Près de 33 % d’entre eux ont exprimé leur désaccord avec les montants alloués à l’ancien directeur général Carlos Tavares, contraint de quitter ses fonctions fin 2024 après une année catastrophique pour le groupe automobile.
Bien que son package global ait diminué de 37 % par rapport à 2023, l’ex-PDG a tout de même perçu 23,1 millions d’euros, soit 350 fois le salaire moyen des employés du constructeur. À cela s’ajoutent une indemnité de départ de 2 millions et un bonus de 10 millions lié à des objectifs stratégiques, tandis qu’un autre bonus équivalent lui a été refusé.
Cette situation a provoqué l’ire de plusieurs acteurs financiers, dont AllianzGI, qui a qualifié ces sommes d’« excessivement généreuses » au regard des résultats décevants du groupe. Les bénéfices nets de Stellantis ont en effet chuté de 70 % en 2024, principalement en raison des difficultés rencontrées sur le marché nord-américain.
Certains conseillers en gouvernance, comme Proxinvest, ont dénoncé l’attribution d’indemnités à un dirigeant dont la gestion a conduit à cet échec opérationnel. Bien que son départ ait été officiellement présenté comme une démission, des sources internes évoquent une pression accrue du conseil d’administration pour accélérer son remplacement.
Face aux critiques, la présidente du comité des rémunérations a reconnu la nécessité de mieux aligner les pratiques du groupe avec les attentes des investisseurs, tout en défendant des packages attractifs pour conserver des profils de haut niveau. Malgré l’opposition affichée, les membres du comité concernés ont été reconduits lors du vote, confirmant la difficulté à infléchir cette politique controversée.
Cette polémique intervient dans un contexte où les rémunérations des patrons du CAC 40 font régulièrement débat, jusqu’au plus haut niveau de l’État. Une tension entre performance, équité salariale et attractivité des talents qui semble loin d’être résolue.





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