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Nîmes face à la montée des tensions liées au trafic de drogue

Les habitants du quartier de Pissevin expriment leur inquiétude tandis que les autorités tentent de rétablir l’ordre par des mesures controversées.
Dans le quartier sensible de Pissevin, à Nîmes, l’atmosphère est pesante. Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants ont poussé les riverains à modifier leurs habitudes. Certains commerces ferment plus tôt, les centres sociaux réduisent leurs activités, et la présence policière reste insuffisante aux yeux des habitants. Mohamed Ali Bedja, gardien d’immeuble, résume l’état d’esprit général en évoquant une peur palpable.
Face à cette situation, la municipalité a décidé d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, applicable entre 21 heures et 6 heures du matin. Cette mesure, présentée comme temporaire, concerne plusieurs quartiers prioritaires de la ville, dont Pissevin et Valdegour. Si l’initiative vise à protéger les jeunes et à limiter leur exposition aux risques, elle suscite des réserves parmi les acteurs locaux. Raouf Azzouz, directeur d’un centre social, estime que cette réponse ne suffira pas à apaiser les tensions et plaide pour des solutions plus pérennes, notamment un soutien accru aux associations.
Parallèlement, les réseaux sociaux alimentent un climat de psychose, avec des messages anonymes menaçants et des vidéos montrant des individus armés circulant en plein jour. Les commerçants, pour leur part, hésitent à maintenir leur activité, certains préférant fermer boutique par précaution. Un épicier du quartier, qui a requis l’anonymat, souligne que le manque d’investissements dans les structures éducatives et récréatives contribue à la désœuvrement des jeunes.
Les autorités, de leur côté, assurent mobiliser des moyens supplémentaires. Le préfet du Gard a annoncé l’arrivée d’une soixantaine de policiers en renfort, tandis que la mairie justifie le couvre-feu par la nécessité de protéger les mineurs, qu’ils soient victimes ou instruments du trafic. Toutefois, les syndicats de police restent sceptiques, jugeant cette mesure insuffisante pour endiguer un phénomène qui dépasse largement le cadre des simples restrictions horaires.
La situation à Nîmes reflète une tendance plus large observée dans plusieurs villes françaises, où des mesures similaires ont été adoptées face à la recrudescence des violences liées au narcotrafic. Reste à savoir si ces dispositifs, souvent perçus comme des pis-aller, parviendront à rétablir durablement la sécurité dans des quartiers marqués par des années de tensions.

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