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Mayotte : le Parlement s’apprête à durcir l’accès à la nationalité française


L’archipel, frappé par une crise migratoire et les conséquences du cyclone Chido, voit son droit du sol restreint malgré les critiques de l’opposition.
Le texte visant à renforcer les conditions d’obtention de la nationalité française à Mayotte devrait être définitivement adopté ce mardi. Porté par Les Républicains et soutenu par le gouvernement, ce projet a déjà franchi l’étape du Sénat et bénéficie d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, grâce au ralliement du Rassemblement national.
La réforme durcit les règles en vigueur depuis 2018. Désormais, les deux parents devront justifier d’une résidence légale en France depuis au moins un an pour que leur enfant né à Mayotte puisse prétendre à la nationalité française. Une disposition spécifique est prévue pour les familles monoparentales. Les défenseurs du texte y voient un moyen de limiter l’attractivité de l’archipel, confronté à une pression migratoire intense en provenance des Comores voisines.
Pourtant, la gauche dénonce une mesure symbolique, inefficace et discriminatoire. Selon ses détracteurs, la majorité des migrants ne viennent pas spécifiquement pour bénéficier du droit du sol, mais fuient la précarité et cherchent un accès aux soins ou à un logement décent. Certains élus menacent même de saisir le Conseil constitutionnel, estimant que cette réforme porte atteinte au principe d’égalité devant la loi.
Le contexte post-cyclonique a ravivé les tensions. Après le passage dévastateur de Chido en décembre, qui a aggravé les difficultés structurelles de Mayotte – pauvreté, saturation des services publics, habitat insalubre –, la question migratoire est revenue au premier plan. Les élus locaux réclament des mesures fortes, tandis que le gouvernement promet un plan de reconstruction ambitieux.
Au-delà de Mayotte, ce débat relance les discussions sur le droit du sol en métropole. Si le ministre de la Justice a exprimé son ouverture à une réflexion plus large, des voix au sein de l’exécutif appellent à la prudence, craignant une instrumentalisation politique du sujet. La gauche, quant à elle, y voit un « cheval de Troie » destiné à remettre en cause un principe fondamental de la République.





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