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Marco Rubio en Inde pour consolider une alliance mise à l’épreuve par la diplomatie de Trump

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Le chef de la diplomatie américaine entame une tournée de quatre jours en Inde, où il cherche à renforcer les liens avec un partenaire stratégique, une semaine après le déplacement de Donald Trump en Chine.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est arrivé samedi dans l’est de l’Inde, à Calcutta, première étape d’un périple qui le mènera à New Delhi et Agra. Ce catholique fervent doit notamment visiter le siège des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa avant de s’entretenir avec le Premier ministre Narendra Modi. Il participera également à une réunion des ministres des Affaires étrangères du Quad, alliance réunissant l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis, perçue par Pékin comme une tentative d’encerclement.

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a bouleversé les équilibres diplomatiques habituels. Sa visite d’État en Chine, marquée par des échanges courtois avec Xi Jinping mais peu d’annonces concrètes, a suscité des interrogations sur la constance de l’engagement américain en Asie. Marco Rubio, qui avait plaidé pour un partenariat renforcé avec l’Inde lorsqu’il siégeait au Sénat, effectue son premier déplacement dans le pays. Il est accompagné de son épouse et compte se rendre au Taj Mahal.

L’énergie figure en bonne place dans les discussions. L’Inde, dont la consommation énergétique ne cesse de croître, dépend fortement des importations de pétrole. L’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février, suivie du blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran, a provoqué une flambée des cours mondiaux et fragilisé l’économie indienne. New Delhi entretient des relations historiques avec l’Iran tout en développant ses liens avec Israël, où Narendra Modi s’était rendu peu avant le déclenchement du conflit.

Ce conflit a également remis le Pakistan sur le devant de la scène. Islamabad, qui s’est posé en médiateur, a vu son chef d’état-major se rendre à Téhéran vendredi. Les États-Unis, longtemps alliés du Pakistan durant la guerre froide, s’en étaient éloignés au profit de l’Inde, perçue comme un contrepoids naturel à la montée en puissance de la Chine. Donald Trump a toutefois renoué avec Islamabad, qui l’a salué pour son rôle dans une brève guerre indo-pakistanaise l’an dernier, et a accueilli une société de cryptomonnaies liée au président américain.

Cette guerre avait irrité Donald Trump, qui estimait que Narendra Modi ne lui avait pas rendu suffisamment hommage pour avoir contribué à son issue. Peu après, le président américain avait imposé à l’Inde des droits de douane plus élevés qu’à la Chine. Le numéro deux de Marco Rubio, Christopher Landau, a également suscité des inquiétudes à New Delhi en affirmant que l’essor indien ne devait pas se faire au détriment des intérêts commerciaux américains, promettant de ne pas répéter les erreurs commises avec Pékin.

Les relations bilatérales se sont depuis apaisées grâce à un accord commercial négocié après l’arrivée en Inde de l’ambassadeur Sergio Gor, proche conseiller de Donald Trump. Ce déplacement de Marco Rubio vise à consolider ces avancées tout en réaffirmant le rôle central de l’Inde dans la stratégie américaine en Asie.

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