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L’ONU échoue à s’entendre sur le désarmement nucléaire

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Les pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire n’ont pas réussi à adopter un texte commun après des semaines de discussions, suscitant des craintes sur l’avenir du régime de désarmement.

Les négociations de la onzième conférence d’examen du traité de non-prolifération nucléaire se sont soldées par un échec, les États membres n’étant pas parvenus à un consensus sur les priorités à venir. Le président de la conférence, le diplomate vietnamien Do Hung Viet, a renoncé à soumettre un projet de déclaration finale après avoir présenté quatre versions successives, toutes jugées insuffisantes par les parties prenantes. Il a exprimé sa profonde déception face à cette impasse, tout en reconnaissant que son objectif de mécontenter également toutes les délégations avait été atteint.

Les divergences de fond entre les pays dotés de l’arme nucléaire et les autres États signataires ont bloqué toute avancée. Si les délégations affirment partager la vision d’un monde exempt d’armes atomiques, les désaccords persistent sur les moyens d’y parvenir. La Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires a dénoncé le comportement de certaines puissances nucléaires et de leurs alliés, les accusant de saper les efforts de désarmement et d’accroître leurs arsenaux.

Selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, neuf États possédaient près de douze mille deux cent quarante et une ogives nucléaires en janvier 2025, dont quatre-vingt-dix pour cent détenues par les États-Unis et la Russie. Le texte final, largement édulcoré après de multiples révisions, avait perdu toute référence aux situations conflictuelles actuelles, notamment celles concernant l’Iran et la Corée du Nord. Les mentions des violations des obligations iraniennes et des appels directs à Washington et Moscou pour entamer des négociations sur un successeur du traité New Start avaient été supprimées.

Ce nouvel échec, le troisième consécutif après ceux de 2015 et 2022, fragilise un peu plus le traité entré en vigueur en 1970. Si le texte continue d’exister juridiquement, les experts redoutent une érosion de sa légitimité et de la confiance des États non nucléaires. Certains pourraient remettre en question la pertinence de la non-prolifération comme garantie de leur sécurité. L’Association du contrôle des armements a appelé à un leadership éclairé de la part de Washington et des autres puissances nucléaires pour éviter que les fondations du régime ne s’effondrent sous le poids de l’inattention et de l’intransigeance.

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