Économie
L’ultime bras de fer climatique s’engage à Belém


Alors que la COP30 entre dans sa phase décisive, le retour surprise du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva intensifie les négociations nocturnes pour tenter de trouver un consensus mondial sur la transition énergétique.
Les délégations internationales travaillent désormais sans relâche dans l’enceinte de la conférence climatique brésilienne. La présidence brésilienne a soumis mardi une première ébauche de compromis, baptisée «Mutirão mundial», en référence à une tradition communautaire autochtone. Ce document laisse cependant en suspens les questions les plus sensibles, notamment les engagements financiers des nations développées et le calendrier de sortie des énergies fossiles.
La présence annoncée du chef de l’État brésilien mercredi auprès des groupes de négociation souligne l’importance politique qu’il accorde à cette conférence. Cette démarche inhabituelle rappelle les interventions de derniers jours réalisées par certains dirigeants lors d’éditions précédentes. Le Brésil entend ainsi démontrer que la coopération climatique mondiale reste possible malgré les tensions géopolitiques actuelles.
Les divisions persistent néanmoins entre les blocs régionaux. Une coalition rassemblant des pays européens, latino-américains et insulaires réclame des engagements fermes sur l’abandon progressif des combustibles fossiles. En face, les États producteurs de pétrole maintiennent une position réservée. Les discussions butent particulièrement sur la question du financement, les pays du Sud exigeant un triplement des fonds d’adaptation d’ici 2030 ou 2035, une proposition jugée irréaliste par les capitales européennes.
Le commissaire européen au Climat a fermement exclu toute renégociation des accords financiers conclus l’an dernier. Les références incluses dans le projet brésilien concernant les mesures commerciales unilatérales ont également suscité des réserves, visant implicitement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières que l’Union européenne doit mettre en œuvre début janvier.
Alors que la conférence doit s’achever vendredi soir selon le calendrier officiel, les observateurs soulignent le calendrier particulièrement ambitieux fixé par la présidence brésilienne. Les ministres et négociateurs poursuivent leurs travaux dans l’espoir de parvenir à un texte consolidé mercredi, mais les positions demeurent éloignées sur les points cruciaux. La capacité de la diplomatie brésilienne à trouver un équilibre entre les attentes de la Chine, de l’Inde, des pays occidentaux et des nations africaines constituera le véritable test de cette conférence climatique amazonienne.





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