Économie
L’OMS face à des défis sanitaires et diplomatiques lors de son assemblée annuelle
L’Organisation mondiale de la santé ouvre sa réunion annuelle à Genève alors que des foyers d’hantavirus et d’Ebola retiennent l’attention, tandis que les retraits américain et argentin et les négociations sur un traité pandémique figurent au premier plan des discussions.
L’Assemblée mondiale de la santé entame ses travaux pour une durée d’une semaine dans la cité genevoise, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et des crises sanitaires émergentes. Les récentes flambées d’hantavirus et d’Ebola, bien qu’absentes de l’ordre du jour officiel, devraient nourrir les échanges entre les délégués des États membres.
Un observateur diplomatique, s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, a indiqué qu’il serait particulièrement instructif d’observer comment l’organisation utilisera la situation liée à l’hantavirus pour exercer une pression sur les pays souhaitant se retirer, afin de les inciter à maintenir leur adhésion. Cette réunion intervient après une période difficile pour l’institution, affaiblie par la décision de l’administration Trump de quitter l’organisation et par les réductions budgétaires qui en ont découlé.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé fin avril que l’organisation avait retrouvé une certaine stabilité et qu’elle poursuivait désormais sa route. Suerie Moon, codirectrice du Centre de santé mondiale de l’Institut de hautes études internationales de Genève, a souligné que la situation demeure précaire mais que les fonds nécessaires pour les deux prochaines années ont été en grande partie réunis. Elle a ajouté que la crise de l’hantavirus illustre parfaitement la nécessité d’une OMS efficace, fiable et impartiale, dotée d’un financement pérenne.
Des dissensions persistent néanmoins sur des questions géopolitiques et sociétales, alimentant une polarisation croissante. Ces divergences ont récemment entravé l’avancement d’un volet essentiel du traité sur les pandémies, dont les négociations pourraient être prolongées d’une année supplémentaire. En ce qui concerne la demande de retrait des États-Unis, aucune décision n’a été prise en janvier par le conseil exécutif de l’OMS, les États-Unis n’étant pas à jour dans le paiement de leurs contributions obligatoires, condition préalable à leur départ.
Selon des sources diplomatiques, il est peu probable qu’une décision soit rendue cette semaine sur le dossier américain, aucune résolution n’étant prévue à cet effet. Les États-Unis considèrent pour leur part avoir déjà quitté l’organisation en janvier dernier. En revanche, les membres devront se prononcer sur la demande de retrait de l’Argentine, qui a déposé une résolution avec le soutien d’Israël.
Cette assemblée se déroule parallèlement au processus d’élection du prochain directeur général de l’OMS, lancé en avril. Aucun candidat ne s’est encore déclaré officiellement, mais des annonces pourraient intervenir avant la clôture des candidatures prévue en septembre. Plusieurs résolutions sensibles, concernant notamment l’Ukraine, les territoires palestiniens et l’Iran, promettent des débats animés. L’élection des nouveaux membres du conseil exécutif pourrait également donner lieu à une confrontation entre le Royaume-Uni et la Russie.
La réforme de l’architecture sanitaire mondiale, un secteur particulièrement fragmenté où coexistent de nombreuses organisations aux actions parfois mal coordonnées, sera au cœur des discussions. Les États membres devront se prononcer sur la mise en place d’un processus formel visant à améliorer cette coordination. Helen Clark, coprésidente du groupe d’experts indépendants pour la préparation et la réponse aux pandémies, a souligné la nécessité de clarifier la répartition des responsabilités entre les niveaux mondial, régional et national afin d’éviter les chevauchements.
La ministre canadienne de la Santé, Marjorie Michel, a estimé que la crise actuelle, marquée par le départ d’acteurs importants, offre à l’OMS l’opportunité de repenser sa stratégie avec ses membres. Elle a plaidé pour de nouvelles façons de faire, de penser et de s’organiser, en tirant parti de l’expertise de chacun. L’enjeu est également d’éviter que certains sujets jugés controversés, notamment depuis le retour de Donald Trump, soient sacrifiés dans un contexte de diminution de l’aide internationale. Une source diplomatique a insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure coordination des acteurs de la santé pour éviter que certaines activités ou populations ne soient laissées pour compte.
Dans le cadre de son processus de priorisation, l’OMS a déjà réduit certaines de ses activités, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, a indiqué Thiru Balasubramaniam, de l’ONG américaine Knowledge Ecology International.
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