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Culture

Les collectionneurs de « NFT », des technophiles pionniers d’un nouveau « far west »

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Le NFT "CryptoPunk 7523" exposé chez Sotheby's, le 4 juin 2021 à New York ©Timothy A.Clary

Ils sont passionnés de technologie, en quête d’opportunités dans le « far west » que sont les « NFT »: ces objets numériques certifiés, très en vogue, ont fait émerger une nouvelle génération de collectionneurs convaincus de leur potentiel.

Brandon Kang, vidéaste de 25 ans, a commencé à acheter des NFT en décembre dernier, et en possède déjà plus de 500. En février, ce Californien a même dépensé 50.000 dollars pour « Reflection », une oeuvre numérique de l’artiste de musique électronique Feed Me.

Dans sa collection: des dessins numériques de têtes de singe (Bored Ape), d’une cannette ou d’un cube, ou l’animation d’une voiture filant sur une route, tous créés par des artistes inconnus du plus grand nombre.

Ils sont exposés sur des écrans chez lui. A quelques exceptions près, il n’a pas l’intention de vendre.

M. Kang a converti plusieurs de ses proches. « Le truc qu’ils trouvent cool, c’est de pouvoir vérifier la propriété de ces NFT », dit-il.

Les « non fungible tokens » ou jetons non fongibles, sont des certificats de propriété d’un objet numérique – image, dessin, vidéo, animation, fichier texte ou son.

Confidentiels jusqu’en 2020, les NFT ont généré, sur les cinq premiers mois de 2021, près de 2,5 milliards de dollars de transactions, une estimation basée sur des chiffres du site spécialisé NonFungible. Les grandes maisons d’enchères en vendent désormais régulièrement, comme c’est le cas chez Sotheby’s jusqu’au 10 juin.

La traçabilité des NFT a été décisive pour Brandon Kang, pourtant investi depuis longtemps dans les cryptomonnaies, qui utilisent la même technologie de la blockchain que les NFT. Auparavant, « il n’y avait pas moyen de prouver qu’on était bien propriétaire d’objets numériques », explique-t-il.

« Pas facile à digérer »

Cette même garantie d’authenticité a poussé Devan Mitchem, ingénieur informatique basé à Singapour, à collectionner des objets numériques, après en être resté à l’écart faute de « formats stables, de plateformes d’échange et de possibilités de stockage ».

Avec l’émergence de sites comme OpenSea ou Nifty Gateway, qui permettent à des artistes de vendre directement leurs oeuvres, puis à des collectionneurs de les acheter, stocker et revendre, le monde des NFT offre désormais une facilité d’utilisation proche des placements boursiers.

Devan Mitchem, qui travaille chez Google Cloud et s’est spécialisé dans la blockchain, a accumulé plus de 200 NFT. Comme Brandon Kang, il n’envisage pas de vendre.

« C’est risqué, mais j’ai le sentiment que des oeuvres créées entre 2017 et 2021 resteront comme issues de la période fondatrice de cette nouvelle catégorie », dit-il. « Cette ère aura une place à part dans les futures collections. »

Ingénieur informatique, Pankaj Patil s’est séparé, en 2020, de quelques uns des 150 objets numériques qu’il avait amassés, car il doutait de l’avenir des NFT. Aujourd’hui mordu, ce résident du New Jersey « regrette la plupart des ventes », même s’il reconnaît que « ce milieu n’est pas facile à digérer pour tout le monde ».

« Je comprends tout à fait le scepticisme », abonde Devan Mitchem, car « il y a beaucoup de choses à appréhender ».

Aux amateurs, M. Mitchem suggère de se renseigner d’abord sur la technologie blockchain. « C’est encore pas mal le far west », admet l’ingénieur, « mais c’est aussi un terrain d’opportunités. »

M. Kang met en garde les internautes en quête d’argent facile qui ne prendraient pas le temps de l’apprentissage. « Ce sont eux qui risquent le plus de se faire plumer », dit-il.

Pour lui, la récente correction du marché, qui a vu baisser les prix moyens et le nombre de transactions, n’hypothèque en rien les perspectives des NFT.

« Le milieu est en train de mûrir et à long terme, c’est une bonne chose d’évacuer les gens qui ne sont là que pour le profit », plaide-t-il.

Devan Mitchem se dit, comme beaucoup d’autres, sincèrement attiré par la valeur artistique de nombre de créateurs numériques émergents, là où le grand public voit souvent dans les NFT une mode, un gadget, voire une escroquerie.

Il parle avec passion du « Picasso’s Bull », représentation cubiste d’un taureau par l’artiste multi-supports Trevor Jones, acheté 23.000 dollars, « une oeuvre phare », selon lui.

Souvent programmeurs, les collectionneurs de NFT, des hommes pour la plupart, sont aussi attirés par l’innovation permanente de ce milieu.

Ils entrevoient un univers dans lequel les NFT pourront voyager entre plateformes, sites et univers virtuels, dépassant les possibilités du monde physique.

Ils soulignent aussi que le milieu a entrepris d’améliorer son bilan carbone, actuellement catastrophique, avec notamment l’instauration progressive de protocoles de création de NFT et de cryptomonnaies moins énergivores.

Devan Mitchem croit tant aux NFT qu’il imagine déjà la disparition même du terme, avec l’ultra-banalisation de cette technologie. « Ce seront simplement des objets numériques, » dit-il.

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Bassin de Thau

Sète : « 36h à Sète » le nouveau rendez-vous de la singulière

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Camille Cattan

Vendredi 11 et samedi 12 juin aura lieu la première édition du « 36h à Sète », un événement organisé par l’agence Camille Cattan événementiel, avec le soutien de la vile de Sète.

C’est un nouveau rendez-vous pour les Sétois, et le premier épisode débute en cette fin de semaine. 36 heures, c’est le temps que durera cet événement. Deux objectifs sont clairement affichés par l’agence Camille Cattan événementiel : « mettre en lumière la ville de Sète », et exposer « des artistes d’ici et d’ailleurs ».

L’ambition de « permettre aux gens de se rencontrer »

Camille Cattan, organisatrice du 36h à Sète, est une habituée de ces aventures. C’est elle, anciennement directrice artistique du marché du Lez à Montpellier, qui a créé les fameux « Dimanches du Peyrou », brocantes aujourd’hui bien connues des Montpelliérains. Cette idée des 36h à Sète est dans ses cartons depuis quelques années déjà, « Ça faisait 3-4 ans que je voulais créer un événement à Sète, c’est une ville qui a plein de choses, la bonne bouffe, l’art, les copains au bord de la mer », nous avoue-t-elle. Même si le maire de Sète a semblé attaché à sa démarche, comme elle nous le confie, les aléas de la vie ont repoussé l’événement. Il a pourtant bien lieu, et dès ce vendredi 11 juin. Camille Cattan nous précise : « La première édition a lieu au Rio (18h), un lieu super, un ancien cinéma dont on se sert pour l’exposition des deux artistes (Karine Detcheverry et Salamech) », suivi d’un dîner gastronomique au restaurant The Marcel.

Le lendemain, samedi 12 juin, dès 9h et jusqu’à 15h, aura lieu une brocante sur le quai Léopold Suquet. À midi, un déjeuner est organisé au Rio, suivi d’un apéritif à 18h.

Un événement sur la durée

Ce n’est pas l’histoire d’une fois. C’est un vrai rendez-vous qui est en train de naître. En effet, 36h à Sète reviendra tous les mois, ou au moins « 10 fois dans l’année », avec toujours pour objectif « d’animer différents quartiers de la ville de Sète » selon Camille Cattan. D’ailleurs, l’organisatrice a bien voulu nous en dire plus sur le prochain épisode : « La seconde aura lieu dans 3 semaines, toujours sur le format 36h, à côté des halles. Ce ne sera pas une exposition, mais on a prévu de faire certainement une signature de livre, on devrait travailler avec deux librairies : l’échappée belle et la librairie sétoise ». Si les résultats sont aussi prometteurs que l’est l’idée, elle n’exclut pas d’étendre « les 36h » sur d’autres villes, tout en conservant l’organisation sétoise.

En tout cas, de belles surprises sont à venir, avec peut-être un événement sur le Roquerols à la rentrée…

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Culture

Culture – Les grandes chansons francophones : « J’ai deux amours » Joséphine Baker

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C’est en 1930 que Joséphine Baker enregistre  » J’ai deux amours  » une chanson de Géo Koger et Henri Varna pour les paroles, Vincent Scotto signe la musique. En marge de l’exposition coloniale Joséphine se produit au Casino de Paris pour sa première apparition publique. Les auteurs jouent sur le côté exotique de cette étrangère et son immense attachement à sa ville adoptive, notre capitale. Le succès est immédiat et  » j’ai deux amours « devient la chanson fétiche de Joséphine Baker durant toute sa carrière.

Joséphine Baker (1906 / 1945)

L’histoire de Joséphine Baker est marquée par la situation de l’esclavage aux États-Unis. Elle est née en 1906 dans le Missouri. Sa mère était une métisse indienne et noire alors que son père était d’origine espagnole. Et elle est née dans cet environnement ségrégationniste et, effectivement, elle a vécu très durement les meutes de Saint-Louis, quand elle était jeune à l’âge de quatre ou cinq ans où le Ku Klux Klan menait des opérations de destructions, des attaques extrêmement violentes contre les populations noires dans le sud des États-Unis. Joséphine Baker reçoit les critiques, compliments ou ironies, mais son parcours hors norme reste humain et bouleversant. Née dans la misère, élevée à la dure, elle est une diva adulée des foules, avant d’être une grande résistance .

Dans la dernière partie de sa vie, Joséphine crée un lieu  » Le château des Milandes  » les enfants  y vivent sans distinction de couleurs en toute harmonie.

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Bassin de Thau

Sète : Deux expositions inédites au musée MIAM qui fête ses 20 ans

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©Ville de Sète

Après des mois de fermeture, les musées ont récemment pu rouvrir. C’est le cas du Musée Internationale des Arts Modestes à Sète qui en a profité pour fêter ses 20 ans, avec, au rendez-vous, deux nouvelles expositions.

Un anniversaire qui aurait dû avoir lieu l’année dernière, au mois de novembre. Qu’importe, l’événement se fête quand même ! Les amateurs d’art en auront pour leur compte, puisqu’ils pourront retrouver au MIAM un grand livre de l’histoire du musée, le remix de l’hymne, et surtout deux nouvelles expositions.

Forever Miam, pour l’histoire

La première exposition, qui s’intitule Forever Miam, vous fera voyager à travers le temps en retraçant l’histoire du musée depuis sa création. 45 expositions en 20 années d’existence, c’est ce que pourront rattraper les visiteurs du musée. Photos, vidéos, cartes et oeuvres d’art sont au rendez-vous.

Psychedelices, une exposition inédite

« Cette exposition va vous faire vivre autre chose, vous transporter ailleurs », a déclaré Hervé Di Rosa, fondateur du musée. Pour cause, l’exposition rassemble de nombreuses oeuvres d’artistes francophones appartenant au mouvement psychédélique. Ce mouvement artistique, pourtant peu connu du grand public, a accouché de nombreuses créations. Les artistes qui en sont à l’origine furent souvent inspirés par des substances comme le LSD. C’est une parenthèse hors du temps et riche en oeuvres, que propose le Musée Internationale des Arts Modernes.

Deux expositions accessibles au public du 4 juin 2021 au 9 janvier 2022.

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