Société
Le tango argentin, une arme inattendue contre la maladie de Parkinson


À Buenos Aires, des patients atteints de troubles neurologiques retrouvent mobilité et joie de vivre grâce à une approche thérapeutique innovante mêlant musique et mouvement.
Dans une salle de l’hôpital Ramos Mejía, les notes nostalgiques d’un bandonéon accompagnent le balancement lent et précis des couples. Ici, le tango n’est pas qu’une danse, mais un véritable outil médical. Depuis une quinzaine d’années, près de 200 patients atteints de la maladie de Parkinson ont intégré ces ateliers chorégraphiques dans le cadre d’un protocole de soins complémentaire.
Cette initiative, portée par une équipe de neurologues, repose sur une observation clinique. Le tango, par son travail spécifique sur la marche, l’équilibre et les changements de direction, répond directement aux défis moteurs rencontrés par les patients. Les arrêts brusques, les pivots et la nécessité de synchroniser ses pas avec ceux du partenaire agissent comme une gymnastique neuromotrice particulièrement adaptée.
Les bénéfices vont bien au-delà de la simple amélioration physique. Les participants rapportent une atténuation des blocages moteurs, ces moments où les jambes refusent soudainement d’avancer. Certains ont même développé des stratégies personnelles, reproduisant mentalement les figures du tango pour dépasser ces épisodes de freezing.
L’aspect social et psychologique constitue un autre pilier de cette approche. La maladie entraîne souvent un isolement progressif, que ces séances collectives aident à combattre. Le contact physique, la coordination avec le partenaire et la musique créent un environnement à la fois exigeant et bienveillant.
Pour les thérapeutes comme pour les médecins, les progrès sont tangibles. Amélioration de la posture, de la fluidité du mouvement, mais aussi de l’humeur et de la confiance en soi. Le tango exige une écoute mutuelle et une adaptation constante, stimulant ainsi les fonctions cognitives souvent affectées par la pathologie.
Chaque séance s’achève dans une atmosphère de satisfaction partagée. Les visages se détendent, les gestes gagnent en assurance. Si la pharmacologie reste indispensable, cette complémentarité artistique ouvre des perspectives encourageantes pour une meilleure qualité de vie au quotidien.





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