Économie
Le successeur de Starmer promet un «rééquilibrage des pouvoirs» inédit
Andy Burnham, favori pour devenir le prochain Premier ministre, veut transférer davantage de pouvoirs aux maires régionaux pour stimuler la croissance.…


Andy Burnham, favori pour devenir le prochain Premier ministre, veut transférer davantage de pouvoirs aux maires régionaux pour stimuler la croissance. Son discours à Manchester marque un virage économique et politique.
Andy Burnham, l’homme qui devrait remplacer Keir Starmer au 10 Downing Street, a mis les pieds dans le plat. Depuis Manchester, ville dont il a été maire jusqu’à son entrée au Parlement en juin, il a annoncé un grand chambardement. Son projet phare s’appelle le «Numéro 10 Nord», une structure décentralisée installée dans le nord de l’Angleterre. L’objectif est clair et massif redistribuer les ressources et les décisions vers les régions, loin de la machine londonienne.
«Nous allons opérer le plus grand rééquilibrage des pouvoirs que notre pays ait jamais connu», a-t-il lancé depuis le musée de l’histoire du peuple de Manchester. Pour lui, la croissance ne se décrète pas d’en haut. Elle se construit à partir des territoires, avec des maires qui connaissent les réalités locales. Burnham capitalise sur son expérience à la tête de Manchester, une grande ville du nord souvent oubliée par les gouvernements successifs. Son message est simple Whitehall doit lâcher prise et faire confiance aux régions.
Mais le discours ne s’est pas arrêté à la décentralisation. Burnham, perçu comme plus à gauche que Starmer, a aussi voulu rassurer sur sa rigueur budgétaire. Il a réaffirmé son attachement à des finances publiques saines et aux règles fixées par l’actuelle ministre des Finances Rachel Reeves. Pourtant, il a immédiatement nuancé son propos en appelant à «ne pas tout laisser au marché». Il défend une intervention publique quand c’est nécessaire et rejette «l’ancien modèle du ruissellement», cette idée libérale selon laquelle les richesses des plus riches finissent par profiter à tous.
Ce virage économique, il le résume en une «mission de dix ans pour relever le niveau de vie» des Britanniques. Concrètement, cela passe par une réindustrialisation du pays, un effort massif sur le logement et les infrastructures, et un contrôle public accru sur des services essentiels comme l’eau ou l’énergie. Burnham se définit lui-même comme un «socialiste pro-entreprises», une étiquette qui séduit une partie de l’électorat mais inquiète les marchés financiers, déjà nerveux face à une croissance poussive et des craintes d’inflation.
Reste à savoir qui sera son ministre des Finances, poste clé pour crédibiliser ce programme. Les noms fusent Ed Miliband, jugé trop anti-entreprises par certains, la centriste Shabana Mahmood, ou encore Wes Streeting, ex-ministre de la Santé. Burnham, qui n’a pas répondu aux questions des journalistes après son discours, entend prouver qu’il est prêt à endosser le costume de chef du gouvernement. S’il reste seul candidat, il pourrait devenir Premier ministre dès le 20 juillet. Le «roi du Nord» devra alors montrer qu’il sait impulser le changement mieux que son prédécesseur.
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