Politique
Le MoDem trace sa route en marge du nouvel exécutif


Trois semaines après son départ de Matignon, François Bayrou a profité de l’université de rentrée de son mouvement pour affirmer sa ligne politique, sans toutefois s’engager sur la stratégie gouvernementale de son successeur.
L’ancien chef du gouvernement a longuement défendu son action durant son bref passage à Matignon, évoquant l’adoption du budget, les lois agricoles ou encore la réforme de la formation des enseignants. Dans un discours d’une heure prononcé à L’Isle-sur-la-Sorgue, le président du MoDem est cependant resté évasif concernant la future équipe de Sébastien Lecornu, qu’il n’a pas nommément cité.
Le dirigeant centriste s’est contenté d’exprimer son soutien de principe au futur gouvernement, saluant certaines déclarations du Premier ministre désigné sur les retraites et la fiscalité. Il a qualifié ces prises de position de « rappels utiles » tout en soulignant la nécessité de rassemblements pour faire avancer les réformes.
En coulisses, les démocrates manifestent pourtant des inquiétudes quant à l’orientation prise par M. Lecornu, perçue comme un éloignement des négociations avec le Parti socialiste. Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l’Assemblée, a clairement indiqué que tout compromis devait se nouer avec la gauche, rejetant l’idée de dépendre du Rassemblement national pour éviter une motion de censure.
Le mouvement centriste réaffirme ses positions traditionnelles, notamment sur la création d’un impôt sur la fortune improductive, un sujet qui le oppose régulièrement à la majorité présidentielle. Parallèlement, les instances du MoDem se préparent à l’éventualité d’une dissolution de l’Assemblée nationale, une perspective jugée défavorable aux intérêts du parti.
François Bayrou a surtout insisté sur la question de la dette publique, présentée comme le problème fondamental du pays. Il a exprimé sa fierté d’avoir placé cette question au cœur du débat politique, tout en étendant cette critique à l’ensemble des décennies précédentes, incluant par là même la présidence d’Emmanuel Macron.
Le leader centriste a conclu son intervention en évoquant la situation internationale et en apportant son soutien à Nicolas Sarkozy, condamné dans l’affaire libyenne, critiquant au passage le régime de l’exécution provisoire des peines.





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