Monde
L’ancien président colombien Alvaro Uribe écope de douze ans de résidence surveillée


L’ex-chef d’État, reconnu coupable de subornation de témoins, marque l’histoire judiciaire du pays en devenant le premier condamné à une peine privative de liberté.
La justice colombienne a rendu son verdict dans une affaire retentissante. Alvaro Uribe, président de 2002 à 2010, a été condamné à douze années d’assignation à résidence pour entrave à la justice et manipulation de témoignages. Une décision sans précédent pour un ancien dirigeant du pays, accompagnée d’une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant huit ans.
L’audience, tenue à Bogota, a confirmé les charges retenues contre lui depuis sa condamnation initiale en début de semaine. Le tribunal a estimé qu’il avait cherché à influencer des témoins afin d’éviter toute implication dans des affaires liées aux milices paramilitaires, acteurs majeurs du conflit armé qui a déchiré la Colombie pendant des décennies.
Peu avant l’annonce du verdict, l’ancien président, figure emblématique de la droite colombienne, avait évoqué sur les réseaux sociaux son recours à la prière et au soutien de ses proches pour affronter cette épreuve. Ses avocats ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel, dénonçant une décision qu’ils jugent motivée par des considérations politiques.
La procédure, ouverte en 2018, a connu plusieurs péripéties avant d’aboutir à ce jugement. Plus de quatre-vingt-dix témoins ont été entendus au cours d’un procès largement médiatisé, sur fond de tensions politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2026.
Alvaro Uribe conserve une influence considérable au sein de son parti, le Centro Democratico, et demeure un acteur clé de l’opposition face au gouvernement de gauche de Gustavo Petro. Ce dernier a d’ailleurs été visé par une plainte déposée par la défense de l’ancien président, l’accusant de diffamation après des déclarations controversées le liant à des activités criminelles.
L’affaire trouve son origine en 2012, lorsque Uribe avait lui-même saisi la Cour suprême pour accuser un sénateur de gauche de vouloir le compromettre dans des affaires paramilitaires. C’est finalement son propre comportement qui a été scruté, aboutissant à cette condamnation historique. La suite de la procédure dépendra désormais de la Cour supérieure de Bogota, qui devra statuer sur l’appel d’ici le mois d’octobre.





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