Économie
L’Afrique au cœur d’un partenariat euro-italien pour freiner les migrations


Rome et Bruxelles débloquent des milliards d’euros pour stimuler le développement africain, avec en ligne de mire une réduction des flux migratoires vers l’Europe.
L’Italie et l’Union européenne ont officialisé une série d’investissements majeurs en Afrique lors d’un sommet organisé à Rome. Ce dispositif, baptisé « plan Mattei », ambitionne de créer des opportunités économiques sur le continent afin d’offrir des alternatives à l’émigration. Plus de 1,2 milliard d’euros ont été annoncés dans l’immédiat, avec une enveloppe globale pouvant atteindre 5,5 milliards.
L’initiative, portée par la Première ministre italienne, s’inscrit dans une logique de coopération mutuelle, loin des approches traditionnelles jugées paternalistes. Les secteurs prioritaires incluent l’énergie, les infrastructures et les matières premières, mais aussi l’éducation et la santé. Parmi les projets phares figure la construction d’une voie ferrée entre la Zambie et l’Angola, destinée à dynamiser les échanges régionaux.
Pour la présidente de la Commission européenne, cette démarche complète la stratégie « Global Gateway », lancée en réponse à l’influence croissante de la Chine en Afrique. Toutefois, certains observateurs doutent de l’impact réel de ces financements sur les migrations, estimant que les montants engagés restent insuffisants pour transformer durablement les économies locales.
Des voix africaines, bien qu’accueillant favorablement ces engagements, rappellent que les promesses doivent se concrétiser. Le président kényan a notamment souligné le poids de la dette qui étouffe les pays du continent, appelant à des mesures plus ambitieuses. Rome a annoncé la conversion d’une partie des créances en projets de développement, une piste jugée encourageante mais encore limitée.
En toile de fond, des critiques pointent le risque que ces investissements profitent surtout aux entreprises italiennes, notamment dans les énergies fossiles. Des groupes comme Eni ou Terna sont en effet associés à plusieurs projets, suscitant des interrogations sur les priorités réelles de ce partenariat.
Si l’objectif affiché est de stabiliser les régions africaines pour réduire les départs vers l’Europe, les résultats restent à prouver. Entre espoirs économiques et réalités géopolitiques, le « plan Mattei » ouvre un nouveau chapitre des relations euro-africaines, où pragmatisme et défis se mêlent étroitement.





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