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La sorcière qu’on veut brûler au bûcher

Au dernier jour de son procès, les avocats de Delphine Pinto plaident l’acquittement. Ils dénoncent une opinion publique qui la condamne d’avance, la…

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La sorcière qu’on veut brûler au bûcher

Au dernier jour de son procès, les avocats de Delphine Pinto plaident l’acquittement. Ils dénoncent une opinion publique qui la condamne d’avance, la comparant à une sorcière à brûler.

Delphine Pinto est jugée depuis le 29 mai devant la cour d’assises de l’Oise. On l’accuse d’avoir commandité le meurtre de son mari Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute tué d’une balle dans la tête en 2021 alors qu’il jardinait. Le couple était en instance de divorce. Jeudi, l’avocat général a requis la perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, contre cette femme de 48 ans. Une peine identique a été demandée pour le tireur présumé, l’amant de Delphine Pinto au moment des faits, un homme accusé d’avoir fourni l’arme du crime et le fils de l’accusée, soupçonné d’avoir été au courant du projet d’assassinat.

Mais vendredi, la défense a retourné le procès. Les avocats de Delphine Pinto sont longuement revenus sur les accusations d’agressions sexuelles qui pesaient sur la victime. Jean-Christophe Piel était visé par une enquête pour violences conjugales et agression sexuelle sur l’une des deux petites filles du couple. Il était aussi accusé d’agressions sexuelles sur trois autres enfants de Delphine Pinto, qu’il avait adoptés. Sa mort a éteint les poursuites, faute de charges suffisantes selon le parquet. Mercredi à la barre, Delphine Pinto a reconnu avoir pu “souhaiter” la mort de son mari, tout en niant avoir commandité le meurtre. “Oui, elle a dit +J’ai envie qu’il meure+. C’est humain, il l’a abandonnée, il a violé ses enfants”, a plaidé son avocate Me Houria Zanovello.

Les avocats ont aussi tenté d’attendrir la cour en racontant l’enfance cabossée de leur cliente rejetée par sa famille, ballottée entre foyers d’accueil, sans bagage scolaire, ayant perdu son premier enfant à peine majeure. Mais pour de nombreux témoins, Delphine Pinto était une femme manipulatrice et menaçante. La mère de la victime a déclaré qu’elle savait qu’on allait tuer son fils s’il quittait sa femme. Me Zanovello s’est élevée contre les médias et l’opinion publique qui, selon elle, ont déjà condamné sa cliente. “Elle est comme la sorcière qu’il faut brûler au bûcher”, a-t-elle lancé. Dans ses dernières déclarations, Delphine Pinto a répété d’une petite voix qu’elle n’avait “rien à voir avec le décès” de son mari. Le verdict est attendu dans la soirée.

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