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En Albanie, la colère contre un projet Trump embrase la capitale

Des milliers d’Albanais manifestent chaque soir contre un complexe de luxe lié à Ivanka Trump. Ils réclament la démission du Premier ministre Edi Rama…

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En Albanie, la colère contre un projet Trump embrase la capitale

Des milliers d’Albanais manifestent chaque soir contre un complexe de luxe lié à Ivanka Trump. Ils réclament la démission du Premier ministre Edi Rama, jugé corrompu et opaque.

Chaque soir, Tirana vit un face-à-face tendu. D’un côté, le Premier ministre Edi Rama, deux mètres de haut et maître de la com’, célèbre les 35 ans de son parti devant ses fidèles. De l’autre, des milliers de citoyens scandent « Rama démission » et « l’Albanie n’est pas à vendre » sous les fenêtres de son bureau. Depuis près de deux semaines, la contestation ne faiblit pas. Et tout a commencé avec des barbelés.

Ces fils tranchants sont apparus sur les plages d’une réserve naturelle à 150 kilomètres au sud-ouest de Tirana. La lagune de Zvernec abrite des centaines de flamants roses, un écosystème protégé. Mais un projet touristique de luxe, porté par Ivanka Trump et son mari Jared Kushner, prévoit d’y construire hôtels et villas de standing. Pour les associations écologistes, c’est un désastre. La colère a explosé quand des agents de sécurité privés ont réprimé une manifestation, mettant le feu aux poudres.

Mais ce n’est pas qu’une question d’oiseaux ou de plages. « Le problème, c’est le manque de transparence et de responsabilité envers la population », résume Kaltrina Hyka, militante d’Eco Albania. Derrière cette contestation, c’est un système entier qui est visé. L’Albanie souffre d’une corruption rampante depuis des décennies. Plusieurs figures politiques, de l’ancien Premier ministre Sali Berisha à des responsables du gouvernement actuel, sont empêtrées dans des affaires. Les manifestants réclament une enquête indépendante sur l’attribution des terrains, l’abrogation d’une loi sur les investissements stratégiques, et bien sûr la démission d’Edi Rama.

Edi Rama, lui, contre-attaque. Devant ses partisans, il dénonce « une guerre politique et idéologique qui n’est pas la nôtre ». Il répète qu’aucun projet n’existe, que tout est désinformation. Pourtant, Ivanka Trump elle-même a décrit le site dans un podcast : « cinq miles de front de mer, une magnifique péninsule avec un lagon et des plages de sable blanc ». De quoi nourrir les doutes.

Dans le cortège, Fadel Dia, 26 ans, informaticien, résume le ras-le-bol général. « Depuis 36 ans, nous sommes dirigés par des corrompus. Ils n’ont fait que s’enrichir et nous dépouiller. Pas de système de santé, pas d’école publique dans une grande partie de Tirana. » Pourtant, lui refuse de quitter son pays, contrairement à des centaines de milliers de jeunes Albanais partis chercher un avenir ailleurs. « L’Albanie est un pays formidable, avec des gens extraordinaires. La seule chose qui ne va pas, c’est le gouvernement. Et c’est ça que nous voulons changer. »

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