Monde
La normalisation entre le Kosovo et la Serbie, un impératif complexe selon Albin Kurti


À la veille d’élections législatives anticipées, le chef du gouvernement kosovar souligne la nécessité d’une relation apaisée avec Belgrade, tout en pointant les obstacles persistants et l’influence régionale de Moscou.
Le Premier ministre sortant du Kosovo a réaffirmé la nécessité d’établir des relations normales avec la Serbie, un processus qu’il qualifie de difficile mais indispensable. Cette déclaration intervient dans un contexte électoral tendu, marqué par une longue paralysie institutionnelle ayant conduit à la convocation du scrutin. Le dialogue entre Pristina et Belgrade, gelé depuis de nombreux mois, constitue un enjeu majeur de stabilité pour l’ensemble des Balkans.
Le mandat du gouvernement sortant a été caractérisé par des tensions récurrentes avec le voisin serbe, qui refuse toujours de reconnaître l’indépendance du territoire. Un accord-cadre de normalisation, paraphé sous médiation européenne, demeure largement inappliqué. Pour relancer les discussions, les autorités de Pristina posent une condition préalable, à savoir la remise par Belgrade d’un ressortissant serbe impliqué dans des violences survenues dans le nord du pays. Elles comptent sur le soutien des capitales européennes pour faire aboutir cette demande.
La dimension géopolitique de ce différend bilatéral est régulièrement évoquée. La proximité maintenue entre Belgrade et Moscou suscite des inquiétudes quant à une éventuelle déstabilisation de la région, que les autorités kosovares entendent contrer en renforçant leurs alliances occidentales. Dans cette optique, Pristina a récemment consenti à plusieurs gestes en direction des États-Unis, présentés comme une marque de solidarité entre partenaires et non comme une transaction.
Sur le plan intérieur, le scrutin de dimanche représente un test crucial pour la majorité sortante, qui espère améliorer son score précédent et obtenir une assise parlementaire plus large. L’objectif affiché est de dépasser la barre des cinquante pour cent des suffrages, afin de disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour gouverner et, à terme, poursuivre les négociations avec la Serbie sur des bases consolidées.





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