Société
La menace des alcools frelatés plane sur le Brésil
Une série d’intoxications liées à des boissons alcoolisées adultérées provoque une vive inquiétude parmi la population et les professionnels de la restauration.
Plusieurs établissements de São Paulo et d’autres régions du Brésil font face à une situation alarmante après la survenue de multiples intoxications attribuées à des spiritueux falsifiés. Les autorités sanitaires ont confirmé un décès directement lié à l’ingestion de méthanol, un composant extrêmement nocif, tandis qu’une dizaine d’autres morts font l’objet d’investigations. Onze cas d’empoisonnements ont été officiellement recensés et près d’une centaine d’autres sont considérés comme suspects, principalement dans l’État de São Paulo.
Les récits relayés par la presse locale décrivent des tableaux cliniques graves, incluant des comas et, dans un cas rapporté, une perte de la vue consécutive à la consommation de vodka dans un bar de la métropole pauliste. Ces informations ont généré un climat de méfiance chez de nombreux consommateurs, qui se détournent désormais des boissons fortes comme le gin, la vodka ou encore la cachaça, ingrédient de base de la célèbre caipirinha.
Face à cette crise, le ministère de la Santé a appelé à la plus grande prudence concernant les alcools distillés. Une cellule de crise a été activée pour coordonner les actions et approvisionner des antidotes au méthanol, une substance particulièrement agressive pour le foie et le système nerveux. Les enquêtes policières tentent de déterminer l’origine de ces produits contaminés, sans exclure une implication du crime organisé.
L’impact sur la fréquentation des bars et restaurants est déjà sensible. Dans certains quartiers habituellement animés de São Paulo, la clientèle s’est faite plus rare. Plusieurs gérants ont pris les devants, comme ce restaurateur qui a provisoirement suspendu la vente de tous les alcools. À Rio de Janeiro, pourtant épargnée jusqu’à présent, certains établissements ont communiqué sur les réseaux sociaux pour rassurer leur clientèle.
Malgré les craintes, certains consommateurs continuent de fréquenter les bars et les kiosques de plage, mais en modifiant leurs habitudes. Les boissons réputées moins falsifiables, comme la bière, sont privilégiées. Certains commerçants tentent de restaurer la confiance en proposant aux clients de goûter l’alcool avant commande, sans toujours mesurer que le méthanol, inodore et insipide, ne peut être détecté de cette manière.
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