Monde
La cheffe du gouvernement thaïlandais comparaît devant la Cour constitutionnelle

L’avenir politique de Paetongtarn Shinawatra se joue ce jeudi à Bangkok, où elle doit s’expliquer sur sa gestion d’un différend frontalier avec le Cambodge.
La Première ministre thaïlandaise suspendue a été entendue ce jeudi par la haute juridiction dans le cadre d’une procédure de destitution. Les juges examinent les accusations portées contre elle pour manquement à l’éthique gouvernementale lors d’un échange téléphonique avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen. Cet entretien, survenu en juin dernier, a été enregistré et diffusé sans son accord alors que les deux pays traversaient une période de fortes tensions frontalières.
Les faits remontent à la mort d’un soldat cambodgien fin mai, suivie d’échanges de tirs dans une zone contestée. L’opposition et une partie de la majorité lui reprochent notamment un ton jugé excessivement conciliant envers l’ancien chef d’État khmer, ainsi que des propos concernant un général thaïlandais en poste à la frontière. Ses soutiens politiques, notamment le parti Bhumjaithai, ont exprimé leur désapprobation peu après la diffusion de l’enregistrement.
La Cour constitutionnelle, qui avait destitué l’an dernier son prédécesseur pour des motifs similaires, doit rendre sa décision le 29 août. Une condamnation entraînerait son éviction définitive du pouvoir, faisant d’elle le troisième membre de la famille Shinawatra à quitter prématurément la tête de l’exécutif après un renversement.
Cette audience survient dans un contexte régional tendu, marqué récemment par plusieurs jours d’affrontements meurtriers ayant causé la mort de quarante personnes et le déplacement de plus de trois cent mille civils. L’épisode illustre la fragilité persistante des équilibres politiques en Thaïlande, où l’armée conserve une influence notable sur les institutions.

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