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Gabriel Attal mise sur l’Aveyron pour lancer sa campagne présidentielle

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L’ancien Premier ministre devrait officialiser sa candidature à l’élection présidentielle ce week-end dans l’Aveyron, un territoire choisi pour incarner un ancrage rural et populaire, loin de son fief des Hauts-de-Seine.

Gabriel Attal s’apprête à franchir le pas. Le secrétaire général de Renaissance se rendra vendredi et samedi dans le département de l’Aveyron, une région qu’il connaît peu mais qui lui permet de soigner son image de candidat proche des territoires. Il débutera son périple à Rodez, dont le député Renaissance Stéphane Mazars a conquis la mairie lors des dernières élections municipales, avant de rejoindre l’Aubrac pour le week-end de transhumance des troupeaux.

Ce choix géographique n’a rien d’anodin pour un homme politique souvent perçu comme le produit du macronisme parisien. Formé à l’École alsacienne, établissement privé prestigieux de la capitale, et élu des Hauts-de-Seine, Gabriel Attal cherche à dissiper les accusations de déconnexion des réalités rurales. Un exercice qu’il avait déjà expérimenté lorsqu’il était Premier ministre, en se rendant dans une exploitation de Haute-Garonne pour apaiser la colère agricole, discours posé sur une botte de paille.

« Il y a des classiques auxquels il faut sacrifier. Parler de la France, de ses traditions, depuis la France, surtout pour quelqu’un comme Gabriel, c’est nécessaire », confie un de ses soutiens. L’entourage du candidat précise que cette déclaration de candidature ne prendra pas la forme d’une annonce solennelle, rompant ainsi avec les usages élyséens traditionnels.

La référence à Jacques Chirac est omniprésente dans cette stratégie. « Il y a quelque chose de très chiraquien, théorisé d’ailleurs. Le Chirac de 1995. Être l’outsider », analyse le même soutien. Une comparaison qui séduit de nombreux prétendants à l’Élysée, à commencer par Édouard Philippe, qui s’en réclame également régulièrement. Le Chirac de 1995, revenu de nulle part pour battre le favori Édouard Balladur, dont l’attentisme rappellerait celui du maire du Havre. Ou le Chirac de 2002, qui avait surpris par une déclaration de candidature faussement improvisée à Avignon.

Ce déplacement dans l’Aveyron couronne plusieurs semaines d’une campagne active. Élu secrétaire général de Renaissance en décembre 2024 contre la volonté d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal a lancé une série de meetings baptisés « Nuits de la Nouvelle République ». Après Paris, Lyon, Bordeaux et Strasbourg, il a soigneusement orchestré ses apparitions publiques, alternant déplacements sur le terrain et dédicaces de son livre « En homme libre », dont le titre évoque davantage Nicolas Sarkozy que Jacques Chirac.

Les classiques de la course à l’Élysée ne sont pas oubliés : un appel de 500 élus locaux en faveur de sa candidature et un soutien sans faille au sein du parti qu’il contrôle, sa principale opposante, Elisabeth Borne, ayant choisi de se retirer. « Renaissance n’arrivera pas à faire croire qu’il est le parti des élus locaux, ça ne correspond ni à son histoire, ni à la réalité », a ironisé le co-directeur de campagne d’Édouard Philippe, Christophe Béchu.

Le maire du Havre, qui tiendra un meeting le 5 juillet et ne dévoilera son programme qu’à l’automne, a pour sa part affirmé sa candidature sans détour. « Il n’a pas fait semblant d’hésiter à être candidat, il l’a dit très tôt, sans aller réunir une espèce de kermesse à flonflons », a raillé Christophe Béchu.

Les équipes de Gabriel Attal entendent désormais « ouvrir un nouveau cycle » avec cette déclaration de candidature, une campagne printanière puis estivale « permanente », ponctuée de déplacements et de prises de position sur le fond. Un grand meeting est programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déjà annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas. « On verra la désunion dans le parti, on verra ceux qui ne seront pas là », prévient une figure de Renaissance.

« Borne, Bergé, Braun-Pivet dans une moindre mesure, leurs critiques nous font du bien. C’est de la démacronisation bon marché », balaie un soutien de Gabriel Attal. Reste à départager les deux principaux prétendants du bloc central. Tous deux ont laissé entendre qu’ils se retireraient début 2027 si l’un d’eux était manifestement mieux placé. « Édouard Philippe est haut, parce que pour l’instant il est testé sans Attal. S’ils sont haut tous les deux, ils se battront jusqu’à la fin », observe un dirigeant socialiste.

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