Monde
Frontière thaïlando-cambodgienne : des habitants bravent les combats pour rester chez eux


Malgré les affrontements militaires, certains résidents refusent d’évacuer, préfèrent protéger leurs biens et leurs traditions plutôt que de fuir.
À quelques kilomètres de la zone de tension entre la Thaïlande et le Cambodge, des civils persistent à vivre malgré les bombardements. Dans le village de Baan Bu An Nong, en Thaïlande, Samuan Niratpai, agriculteur de 53 ans, veille sur ses quatorze buffles malgré les tirs d’artillerie qui retentissent chaque matin. Sa famille a quitté les lieux dès le début des hostilités, mais lui reste, attaché à son troupeau et à sa terre. « Comment pourrais-je les abandonner ? », murmure-t-il, caressant l’encolure d’un animal.
Plus loin, près de Samraong City au Cambodge, Soeung Chhivling continue de cuisiner pour les soldats et les médecins malgré les explosions alentour. « J’ai peur, mais ils doivent manger », confie-t-elle, les mains occupées à préparer un repas dans son restaurant désormais vide de clients. Comme elle, d’autres refusent de partir, par devoir ou par attachement à leur foyer.
En Thaïlande, des figures locales comme Keng Pitonam, responsable du village, assument leur rôle malgré les risques. « Si je m’en vais, qui protégera les maisons et les animaux ? », interroge-t-il, tandis qu’il transporte du fourrage pour le bétail des voisins absents. Dans le temple voisin, un moine anonyme veille, offrant un réconfort spirituel à ceux qui restent.
Les affrontements, marqués par des échanges de tirs et des frappes aériennes, ont entraîné le déplacement de milliers de personnes des deux côtés de la frontière. Pourtant, pour certains, quitter leur maison n’est pas une option. « Je préfère mourir ici que vivre ailleurs », résume l’un d’eux, résumant une détermination ancrée dans des valeurs familiales et communautaires plus fortes que la peur.
Alors que des pourparlers de paix doivent s’ouvrir, ces habitants, souvent des hommes âgés ou des figures locales, incarnent une résistance silencieuse face à un conflit qui dépasse les frontières. Leur choix, aussi risqué soit-il, témoigne d’un attachement viscéral à leur terre et à leur mode de vie, malgré le grondement incessant des canons.





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