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Fatigués et sous-équipés, les hôpitaux redoutent le retour de la canicule
Après un premier épisode de chaleur extrême qui a mis le système de santé à genoux, les soignants craignent une nouvelle vague dès ce week-end. Matériel…


Après un premier épisode de chaleur extrême qui a mis le système de santé à genoux, les soignants craignent une nouvelle vague dès ce week-end. Matériel insuffisant, bâtiments vétustes, personnel épuisé, le compte à rebours est lancé.
Les services d’urgence ont souffert. Mais le pire est peut-être à venir. Alors que la ministre de la Santé constate une baisse de tension dans les hôpitaux, le niveau d’activité reste très élevé. Les décompensations de maladies chroniques, qui surviennent plusieurs jours après une canicule, continuent d’affluer. Et Météo-France annonce un nouvel épisode caniculaire probable dès ce week-end. Pour les soignants, c’est l’angoisse. “On est très inquiets pour nos patients”, résume un porte-parole syndical. Les professionnels sont exténués d’avoir travaillé dans des salles où le thermomètre dépassait 35 ou 40 degrés. Et en juillet, les départs en vacances vont réduire les effectifs.
Le gouvernement a débloqué une enveloppe d’urgence de 100 millions d’euros pour acheter des climatiseurs. 30 000 appareils ont été commandés, mais l’immense majorité devra être importée, notamment d’Asie. Les premiers milliers ne seront livrés qu’en fin de semaine ou début de semaine prochaine. Un syndicaliste souligne le décalage avec les besoins réels: près de 4 000 hôpitaux et 7 500 Ehpad, cela fait moins de trois climatiseurs par établissement. Et l’installation pose problème. Les chambres sont souvent mal adaptées, les fenêtres condamnées, les gaines difficiles à poser. Un autre représentant syndical dénonce des fournisseurs qui multiplient les prix par cinq ou par dix. “On n’ira pas loin”, prévient-il.
Les témoignages du terrain sont accablants. Dans un hôpital de Chartres, un droit d’alerte pour “danger grave et imminent” a été déposé. Des soignants étaient en larmes, traumatisés de devoir choisir quel patient aurait droit à un ventilateur. En pédiatrie, des enfants ont dormi par terre en quête de fraîcheur. L’eau du robinet était tiède, voire chaude. Dans l’Aisne, une secrétaire FO a lancé un appel aux dons sur les réseaux sociaux pour obtenir quelques climatiseurs d’appoint. De nombreux soignants estiment que ces mesures d’urgence ne résolvent rien sur le fond. Ils rappellent que depuis la canicule de 2003, les hospitaliers donnent une journée de travail non rémunérée chaque année. Cela représenterait 63 milliards d’euros en 23 ans, une somme qui aurait dû servir à équiper les établissements. Aujourd’hui, 60% des bâtiments sont vétustes. La Fédération des hôpitaux publics réclame un plan d’investissement massif pour adapter les infrastructures au climat de 2026 et aux décennies à venir. En attendant, les soignants se préparent à affronter une nouvelle vague de chaleur avec les moyens du bord.





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