Monde
Caracas sous le choc après l’intervention américaine


La capitale vénézuélienne, paralysée et sous haute surveillance, tente de digérer l’opération militaire ayant conduit à l’arrestation de son président.
Une atmosphère de stupeur et de sidération règne sur Caracas. L’air est encore chargé des relents persistants des incendies provoqués par les frappes aériennes de la nuit précédente. Les artères habituellement animées de la métropole sont désormais étrangement vides, la plupart des commerces ayant baissé leurs grilles de protection. Seuls quelques véhicules isolés circulent, contrastant avec les attroupements anxieux observés devant les quelques supermarchés encore ouverts, où les habitants cherchent à se ravitailler.
Le centre-ville, où se concentrent les institutions gouvernementales, est quadrillé par des forces de sécurité en tenue sombre et lourdement armées. Leurs patrouilles silencieuses s’étendent jusqu’aux abords du palais présidentiel de Miraflores, lieu symbolique du pouvoir désormais vacant. Face à l’édifice, plusieurs centaines de partisans du président déchu se sont rassemblés. Ils brandissent son effigie et des drapeaux nationaux, scandant des slogans exigeant son retour et celui de son épouse, tous deux détenus par les autorités américaines.
Une estrade a été dressée, diffusant des hymnes militants, tandis que des banderoles proclament la pérennité du mouvement politique initié par Hugo Chávez. Parmi les manifestants, une universitaire exprime son indignation, qualifiant d’inadmissible l’ingérence d’une puissance étrangère sur le sol national. D’autres, bien que choqués, avouent ne pas être totalement surpris par cette escalade, craignant depuis longtemps une intervention de cette nature.
Dans les quartiers résidentiels de l’est de la capitale, la tension se traduit par des files d’attente interminables devant les épiceries. Ces dernières opèrent désormais derrière des portes closes, ne laissant entrer les clients que parcimonieusement. Parallèlement, des mesures de verrouillage physique ont été observées sur la base aérienne Francisco de Miranda, où des appareils ont été positionnés sur les pistes, rendant tout atterrissage impossible.





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