Monde
Capriles exclu de son parti : l’opposition vénézuélienne se déchire à l’approche des élections


L’ancien candidat présidentiel, accusé de collusion avec le régime, voit son expulsion actée après avoir annoncé sa participation au scrutin controversé du 25 mai.
La scène politique vénézuélienne traverse une nouvelle crise interne avec l’exclusion d’Henrique Capriles, figure historique de l’opposition, par son propre parti Primero Justicia. Les dirigeants du mouvement lui reprochent d’avoir engagé des discussions secrètes avec le gouvernement pour contourner son inéligibilité, en vue de se présenter aux législatives et régionales prochaines. Une décision qui intervient après des déclarations ambiguës de l’intéressé, laissant planer le doute sur ses ambitions électorales.
Condamné à une exclusion du paysage politique jusqu’en 2032 pour des motifs contestés, Capriles a pourtant confirmé, via des proches, son intention de briguer un siège de député sous la bannière du mouvement Red Decide. Une initiative récente prônant la participation aux élections, contrairement à la majorité des formations opposantes qui appellent au boycott. Primero Justicia dénonce une « trahison » et une complicité avec « la dictature », rompant définitivement avec l’un de ses fondateurs.
La fracture s’élargit au sein des adversaires de Nicolás Maduro. María Corina Machado, leader de l’opposition radicale, et la Plateforme unitaire maintiennent leur refus catégorique de légitimer un scrutin jugé truqué. Elles rappellent les irrégularités massives de la présidentielle de 2024, où Maduro s’était autoproclamé vainqueur sans publication des résultats détaillés. Capriles, lui, justifie son engagement par la nécessité d’être « sur le terrain plutôt que dans les commentaires ».
L’épuration ne s’arrête pas là : deux autres cadres de Primero Justicia, dont Juan Requesens – ancien prisonnier politique – ont subi le même sort pour avoir affiché leurs ambitions électorales. Ces exclusions illustrent les divisions stratégiques face à un pouvoir accusé de manipuler les institutions. Tandis que certains, comme le gouverneur Manuel Rosales, optent pour le pragmatisme électoral, d’autres rejettent toute concession au régime. Maduro, sûr de sa force, a d’ores et déjà promis la victoire à ses candidats lors d’une rencontre symbolique.





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