Économie
Brésil : dix ans après la catastrophe de Mariana, le combat pour justice et réparation

Une décennie après la rupture du barrage minier, les communautés locales dénoncent une pollution persistante et réclament des comptes devant les tribunaux internationaux.
La tragédie environnementale qui a frappé le Brésil en novembre 2015 reste une plaie ouverte pour les populations riveraines du Rio Doce. La rupture du barrage de Fundao, situé près de Mariana dans l’État du Minas Gerais, avait déversé des millions de mètres cubes de boue toxique, ravageant tout sur son passage jusqu’à l’océan Atlantique. Dix ans plus tard, les sols et les eaux demeurent contaminés, privant les habitants de leurs moyens de subsistance et de leurs traditions.
Marcelo Krenak, chef du peuple autochtone éponyme, témoigne de l’impact durable de cette catastrophe. « Notre existence était liée au fleuve. Aujourd’hui, plus rien n’y pousse, l’eau est impropre à la consommation, et nos plantes médicinales ont disparu », explique-t-il, évoquant une destruction irréversible de l’écosystème. Son déplacement à Londres, où se tient une procédure judiciaire contre le géant minier BHP, illustre la détermination des victimes à obtenir réparation.
Le groupe australien, copropriétaire du barrage à l’époque des faits, est accusé de négligence. Bien qu’il affirme avoir contribué aux efforts de dépollution et soutenu un accord de compensation de 170 milliards de reais au Brésil, les plaignants estiment que ces mesures sont insuffisantes. Plus de 600 000 personnes, dont des municipalités entières, réclament des dommages et intérêts supplémentaires devant la justice britannique, espérant un verdict historique qui servirait de précédent pour d’autres luttes environnementales.
Pour la ville de Mariana, particulièrement sinistrée, l’enjeu est crucial. Son maire, Juliano Duarte, dénonce le manque de considération des autorités brésiliennes et place ses espoirs dans le procès londonien. « Nous refusons des miettes. Ce que nous voulons, c’est une réparation à la hauteur des préjudices subis », insiste-t-il.
Alors que la Haute Cour de Londres examine la responsabilité de BHP, les communautés affectées continuent de vivre avec les conséquences quotidiennes de la catastrophe. Leur combat, au-delà des indemnisations, vise aussi à empêcher que de tels drames ne se reproduisent, en tenant les multinationales pour responsables de leurs actes.

PolitiqueEn Ligne 6 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
SociétéEn Ligne 6 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
SociétéEn Ligne 7 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 6 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 6 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 6 joursCouvre-feux prolongés, Lecornu consulte les syndicats sans convier les lycéens
PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ l’Assemblée, Nuñez défend ses services et renvoie les Insoumis à leurs responsabilités
















