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Arlette Testyler, la voix des rescapés d’Auschwitz, s’est éteinte à 93 ans

Rescapée de la rafle du Vel d’Hiv, elle a dédié sa vie à la transmission de la mémoire de la Shoah. Elle est morte vendredi, laissant derrière elle un…

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Arlette Testyler, la voix des rescapés d'Auschwitz, s'est éteinte à 93 ans

Rescapée de la rafle du Vel d’Hiv, elle a dédié sa vie à la transmission de la mémoire de la Shoah. Elle est morte vendredi, laissant derrière elle un legs d’humanité et de combat contre l’oubli.

Arlette Testyler avait 9 ans quand les policiers français sont venus la chercher, elle, sa mère et sa sœur, un matin de juillet 1942. C’était la rafle du Vel d’Hiv. Son père, lui, était déjà mort à Auschwitz. Emmenée au Vélodrome d’Hiver puis internée au camp de transit de Beaune-la-Rolande, elle a réussi à s’évader avec sa mère et sa sœur. Puis elles ont été cachées jusqu’à la Libération par Jeanne et Jean Philippeau, un couple de Vendôme que la France a reconnu Justes parmi les Nations en 2025. Arlette Testyler avait alors salué leur courage en rappelant pourquoi elle témoignait sans relâche. « Je veux appeler l’Histoire pour repousser l’ombre froide de l’oubli et de l’ignorance », disait-elle.

Devenue présidente de l’Union des déportés d’Auschwitz fin 2024, elle n’a jamais cessé de se rendre dans les écoles, les musées et les cérémonies. Elle parlait aux jeunes, aux adultes, à tous ceux qui voulaient entendre ce qu’elle avait vécu. Pour elle, le devoir de mémoire n’était pas une formule vide. C’était une ligne à tenir, un rempart face à la montée des discours extrêmes. « Désormais, la mémoire est une ligne de résistance », avertissait-elle, « parce que la vague remonte, en particulier en Europe ». Elle savait que son témoignage comptait plus que jamais.

Avec sa mort, c’est une voix essentielle qui s’éteint. Ariel Goldman, président du Fonds social juif unifié, l’a rappelé avec des mots justes. Il dit qu’après son mari Charles, c’est « une enfant du Vel d’Hiv devenue une passeuse infatigable de vérité, de courage et d’humanité » qui disparaît. Arlette Testyler a consacré sa vie à raconter l’indicible et à exiger des générations futures qu’elles se souviennent. Elle laisse le souvenir d’une femme debout, qui n’a jamais baissé les bras face à l’ombre froide de l’ignorance.

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