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A Madrid, Macron veut transformer la proximité franco-espagnole en alliance concrète

Emmanuel Macron entame mardi à Madrid une visite d’État de deux jours, la première d’un président français en Espagne depuis 2009. Entre cérémonies, forum…

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A Madrid, Macron veut transformer la proximité franco-espagnole en alliance concrète

Emmanuel Macron entame mardi à Madrid une visite d’État de deux jours, la première d’un président français en Espagne depuis 2009. Entre cérémonies, forum économique et échanges sur les réseaux sociaux, le déplacement doit mettre en avant les convergences européennes entre Paris et Madrid.

Emmanuel Macron pose ses valises à Madrid. Le chef de l’État français débute mardi une visite d’État de deux jours en Espagne, un déplacement à la fois protocolaire et politique, censé mettre en lumière tout ce qui rapproche les deux pays sur le terrain européen. Accompagné de son épouse Brigitte, il sera reçu à la mi-journée par le roi Felipe VI et la reine Letizia au palais royal, avant un déjeuner au palais de la Zarzuela, la résidence madrilène du souverain.

L’après-midi prendra un tour moins formel. Le président échangera avec des étudiants de l’Université Complutense autour de la protection des démocraties et de la jeunesse face aux réseaux sociaux. Un thème qui lui tient particulièrement à cœur. Avant de quitter le pouvoir en mai, il espère interdire ces plateformes aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques qui se dressent sur sa route. Pedro Sanchez poursuit un objectif comparable, avec un seuil fixé aux moins de 16 ans. La journée se refermera par un dîner de gala au palais royal.

Mercredi, le protocole laissera place aux dossiers de fond. Le président et le roi ouvriront dans la matinée un forum économique franco-espagnol, en présence de nombreux patrons. Direction ensuite le palais de la Moncloa pour un entretien avec Pedro Sanchez à la mi-journée, suivi d’une conférence de presse commune. Il s’agit de la première visite d’État d’un président français en Espagne depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2009.

Arrivés au pouvoir à quelques mois d’intervalle, entre 2017 et 2018, le centriste Macron et le socialiste Sanchez n’ont jamais cultivé une grande complicité, malgré une même fibre pro-européenne. Ces derniers temps, ils se sont toutefois retrouvés sur la reconnaissance d’un État de Palestine et sur leur refus de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. La gauche française reproche néanmoins au président de ne pas afficher la même fermeté que son homologue espagnol.

Entre deux pays voisins, l’idée reste de faire valoir une proximité solide et des convergences marquées, à commencer par l’agenda européen et la volonté d’une plus grande souveraineté du continent. L’Élysée veut « rehausser » et « marquer politiquement » ce qui relève de l’évidence. Un traité d’amitié signé à Barcelone en 2023 devait déjà consolider les relations bilatérales, sur le modèle de ce que Paris a fait avec l’Allemagne et l’Italie. Madrid a conclu des accords similaires avec le Portugal et le Maroc.

Reste que la ratification parlementaire côté espagnol a longtemps été bloquée par l’opposition de droite. La justice espagnole a jugé la semaine dernière que la disposition contestée était bien constitutionnelle. La présidence française salue ces signaux positifs et souhaite que le processus aille à son terme.

Sur la scène intérieure, Pedro Sanchez traverse une passe délicate. Le chef du gouvernement espagnol est fragilisé par la crise du logement que connaît le pays, par des affaires judiciaires visant notamment son épouse, et a été secoué cet été par l’afflux massif de migrants dans l’enclave de Ceuta, en Afrique du Nord. La France avait alors plutôt soutenu l’Espagne, contrairement à l’Italie.

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