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_**Tensions croissantes entre les députés macronistes et Matignon**_

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Entre les députés de la majorité présidentielle et le Premier ministre, l’atmosphère se dégrade après une série d’échecs législatifs retentissants.

Les relations se tendent nettement entre les élus du camp présidentiel et le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, à la suite de plusieurs revers subis dans l’hémicycle. Les parlementaires reprochent à Matignon une absence de préparation en amont des textes soumis au vote et une méthode de travail qu’ils jugent de plus en plus autoritaire, selon des informations concordantes. Le rejet, le 16 avril, du projet de loi visant à réduire la durée d’indemnisation du chômage après une rupture conventionnelle a cristallisé le mécontentement. Le Premier ministre a lui-même reconnu, après cet échec, une « démobilisation » qu’il a qualifiée de « préoccupante », sans pour autant apaiser les esprits.

Dans les rangs de la majorité, l’amertume est palpable. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une stratégie consistant à vouloir imposer des textes sensibles sans avoir préalablement bâti les compromis nécessaires. Une formule rapportée résume le sentiment général : les députés auraient l’impression de devoir « gravir l’Everest sans aucune préparation ». Au-delà de ce dossier particulier, c’est bien la méthode du Premier ministre qui est remise en question, alors que l’exécutif entend maintenir un rythme parlementaire soutenu en dépit de l’absence de majorité absolue.

Les déconvenues s’accumulent et attisent l’irritation. Outre l’échec sur l’assurance chômage, d’autres textes, qu’ils soient d’ordre institutionnel ou social, peinent à franchir le cap de l’Assemblée. Le vote sur les ruptures conventionnelles a notamment été compromis par l’absence de plusieurs députés du bloc central lors d’un scrutin décisif. Ce projet de loi devait transposer dans le droit un accord signé en février avec les partenaires sociaux, prévoyant une diminution de la durée maximale d’indemnisation pour certains salariés concernés par une rupture conventionnelle.

La gestion du dossier du 1er mai a également suscité des remous. Plusieurs élus de la majorité ont mal accueilli le renoncement du gouvernement à faire adopter un texte assouplissant l’ouverture des commerces ce jour férié. À cela s’ajoute un agenda parlementaire de plus en plus chargé, avec des projets de loi annoncés sur des sujets aussi variés que l’antisémitisme, les ingérences étrangères, le logement ou la régulation des réseaux sociaux. Dans les rangs macronistes, certains redoutent que cette accumulation ne compromette encore davantage la capacité de la majorité à obtenir des résultats concrets avant la fin du quinquennat.

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