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Laurent Nuñez vacille à Beauvau après une vague de pillages

Le ministre de l’Intérieur a présenté sa démission après les violences et les pillages liés à la mobilisation contre la vie chère. Elle a été refusée…

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Laurent Nuñez vacille à Beauvau après une vague de pillages

Le ministre de l’Intérieur a présenté sa démission après les violences et les pillages liés à la mobilisation contre la vie chère. Elle a été refusée, mais sa position reste fragilisée.

Figure consensuelle et fin connaisseur de l’appareil policier, Laurent Nuñez a construit toute sa carrière au ministère de l’Intérieur jusqu’à en devenir le chef. Les violences et les pillages qui ont suivi la mobilisation contre la vie chère ont fait basculer sa position. Il a présenté sa démission, qui a été refusée. Marine Le Pen et Marine Tondelier ont réclamé son départ, alors que des pillages se poursuivaient dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille et Lyon. Laurent Nuñez a assumé sa décision en invoquant sa responsabilité et le sens de l’intérêt général face aux dégâts constatés.

Sans être un intime d’Emmanuel Macron, il appartient au cercle restreint des voix écoutées. Après avoir quitté Beauvau avec Christophe Castaner, il a été nommé coordinateur du renseignement auprès du chef de l’Etat. Emmanuel Macron l’a ensuite placé à la préfecture de police de Paris, un poste stratégique confié à des proches. À 62 ans, il a dirigé cette institution pendant un peu plus de trois ans, avec des réussites et des échecs.

L’organisation des Jeux olympiques et paralympiques lui a valu d’être élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur. Emmanuel Macron a salué son rôle de maître d’œuvre de la sécurisation de l’événement. Mais sa gestion du maintien de l’ordre a été critiquée à plusieurs reprises, notamment pendant les manifestations contre la réforme des retraites. S’il a su se distinguer de Didier Lallement par un profil plus rond et plus consensuel, sa pratique du maintien de l’ordre est restée proche.

Son parcours au sommet de l’Intérieur l’a exposé à toutes les crises du mandat présidentiel. Secrétaire d’Etat auprès de Christophe Castaner lors de la crise des gilets jaunes, il était alors le technicien de la police, l’expert. La stratégie de maintien de l’ordre avait été vivement critiquée après de nombreuses personnes éborgnées pendant cette crise de dix-huit mois. Le schéma d’intervention avait ensuite été revu.

À la tête de la préfecture de police, Laurent Nuñez a aussi affronté les émeutes après la mort de Nahel, un jeune de 17 ans tué par un policier. Il a essuyé des polémiques, du fiasco sécuritaire lors de la visite d’Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture aux incidents et dégradations lors des célébrations des victoires du PSG en Ligue des champions. Celui que ses anciens collègues du gouvernement décrivent comme un policier dans l’âme défend ses troupes et rejette les critiques des forces de l’ordre.

Énarque, il a intégré le ministère de l’Intérieur puis enchaîné les postes sensibles. Sous-préfet de Bayonne, il a suivi les affaires basques après avoir été directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis. Il a ensuite été préfet de police des Bouches-du-Rhône, puis a brièvement piloté la Direction générale de la sécurité intérieure. Il a ensuite franchi le pas entre haute fonction publique et politique en devenant secrétaire d’Etat auprès de Christophe Castaner. Depuis, il a pris goût à la vie politique, même s’il s’en défend.

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