Politique
Macron part chercher du pétrole dans le Golfe après des violences
Le président français veut obtenir des engagements sur le pétrole et le diesel dans une région instable, alors que les violences et la colère sur les prix…


Le président français veut obtenir des engagements sur le pétrole et le diesel dans une région instable, alors que les violences et la colère sur les prix à la pompe fragilisent la fin de son mandat.
Emmanuel Macron a quitté la France pour le Golfe après des violences qui ont encore fragilisé une fin de mandat déjà compliquée. Il a atterri au Koweït et a été reçu par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah. Son parcours doit le conduire ensuite aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar. Objectif affiché, obtenir des volumes de pétrole et de diesel afin de faire reculer les prix à la pompe. La tournée doit aussi servir à renforcer les partenariats économiques et de défense dans une région secouée depuis l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.
Sur le front intérieur, il a tenté de reprendre la main dans une allocution aux Français. Il a promis de la fermeté contre les auteurs de violences lors des manifestations, mais aussi de la transparence sur le maintien de l’ordre, critiqué dans plusieurs villes, de Paris à Marseille. Il a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer au plus vite de nouveaux modes d’action contre les casseurs. Il a également défendu son voyage par la nécessité de garantir les approvisionnements, alors que les manifestants expriment leur inquiétude sur le prix des carburants.
Cette tournée peut donner une impression de normalité. Elle peut aussi faire apparaître un pouvoir déconnecté, voire une forme de vide. La fin du quinquennat s’annonçait déjà difficile avec un budget inextricable pour un gouvernement sans majorité à l’Assemblée depuis la dissolution. La crise sécuritaire s’ajoute au mouvement des lycéens, lui aussi en cours. Emmanuel Macron entend malgré tout jouer son rôle jusqu’au bout de son mandat et continuer à peser sur la scène internationale.
Dans le Golfe, la présidence française parle d’un objectif clair, obtenir des engagements sur des volumes de diesel et de pétrole alors que les marchés sont tendus. Le président est accompagné de responsables des deux plus grands groupes énergétiques français, TotalEnergies et Engie. Les pays du G7 ont convenu de prélever jusqu’à 100 millions de barils sur leurs stocks stratégiques pour alléger la pression. Les prix de l’énergie subissent de plein fouet les perturbations du détroit d’Ormuz, par où passait 20 % du pétrole mondial avant la guerre en Iran. S’y ajoutent les attaques des rebelles Houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite et les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, autre passage majeur entre l’Europe et l’Asie.
Les pays arabes du Golfe veulent alimenter le marché mondial, y compris la France, mais ils ont du mal à prendre des engagements fermes tant que la région n’est pas stabilisée. Ce déplacement ne devrait pas avoir d’effet direct sur les prix. Emmanuel Macron doit discuter avec le président émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, des moyens de sécuriser les voies maritimes et de trouver des itinéraires alternatifs pour les hydrocarbures liquides. Paris et Londres ont lancé une mission internationale pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz, notamment avec des opérations de déminage, une fois un accord conclu entre Donald Trump et l’Iran. Mais la région reste suspendue entre guerre et paix. Donald Trump, mécontent que les Européens ne l’aient pas soutenu face à l’Iran, se montre peu intéressé par l’initiative.
Les échanges porteront aussi sur la défense, dans une zone exposée aux retombées du conflit iranien. La France avait déployé son porte-avions Charles de Gaulle, des avions Rafale, une frégate et des moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient pour protéger ses intérêts et aider ses partenaires. Emmanuel Macron a aussi décidé d’envoyer des soldats français pour protéger le port de Yanbu, un terminal pétrolier important en Arabie saoudite, pays qu’il ne visitera pas.
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