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Un pape de quatorze mètres prend forme dans un atelier poussiéreux de Lima

Dans un atelier à ciel ouvert du nord de la capitale péruvienne, huit personnes sculptent contre la montre un Léon XIV haut comme un immeuble de quatre…

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Un pape de quatorze mètres prend forme dans un atelier poussiéreux de Lima

Dans un atelier à ciel ouvert du nord de la capitale péruvienne, huit personnes sculptent contre la montre un Léon XIV haut comme un immeuble de quatre étages. La statue doit être dévoilée en novembre, au moment où le pontife foulera pour la première fois le sol du pays depuis 2018.

À Carabayllo, quartier populaire du nord de Lima, une tête immense émerge de sous les bâches, posée sur un sol de terre battue. C’est celle de Léon XIV, ou plutôt son double d’argile, que Rafael Gutierrez, 42 ans, lisse à l’éponge. Les traits du pontife sont déjà parfaitement lisibles. Ce visage pèse plus d’une tonne et servira de matrice pour la statue définitive, quatorze mètres de haut, l’équivalent d’un immeuble de quatre étages.

Autour du sculpteur, des artisans paraissent minuscules tant le modèle les dépasse. Ils façonnent un à un les doigts des mains, qui donneront eux aussi leur forme au futur monument. Huit personnes au total s’activent sur le projet. La statue montera ensuite sur une structure métallique habillée de mousse de polyuréthane et de fibre de verre, avant de recevoir un revêtement de poudre de marbre censé lui donner son aspect final. Pour dessiner l’œuvre, Rafael Gutierrez a mis à contribution l’intelligence artificielle et une maquette en trois dimensions. Chaque matin, l’équipe marque une pause pour une courte prière, le temps de reprendre des forces. « En tant que catholique, réaliser une statue du pape Robert Prevost, c’est quelque chose d’unique, pour ce qu’il représente pour la foi catholique », glisse le sculpteur.

Direction le Callao, le port de Lima. La municipalité est à l’origine du projet, pensé comme un hommage aux attaches du pape avec cette ville, où il a été administrateur apostolique du diocèse en 2020 et 2021, en pleine pandémie de Covid-19. Monté sur un piédestal de béton, Léon XIV apparaîtra les mains ouvertes, vêtu d’une soutane et portant un crucifix. Installé à quelques mètres du Pacifique, le monument est dessiné pour encaisser l’humidité et des vents pouvant souffler jusqu’à 120 km/h. Il devrait être achevé fin octobre et mis en place début novembre.

L’échéance colle à un rendez-vous autrement plus attendu. Léon XIV se rendra au Pérou du 11 au 16 novembre, une première pour un pape depuis le passage de François en 2018. Le pontife, américain naturalisé péruvien, a vécu plus de vingt ans dans le pays andin. Il passera par Lima et par Chiclayo, dans le nord-ouest, ville dont il a été l’évêque. Avant cela, son voyage sud-américain le mènera en Uruguay du 6 au 8 novembre, puis en Argentine du 8 au 11. Dans l’atelier, le compte à rebours soude les énergies. « Nous sommes reconnaissants que le pape nous ait bénis pour réaliser son image », souffle Lener Mendoza, ouvrier de 48 ans.

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