Société
Un projet de direction contesté plonge Libération dans l’incertitude

_**La présentation de Nicolas Barré, pressenti pour succéder à Dov Alfon, est reportée face à l’opposition d’une partie de la rédaction. Le principal actionnaire du journal a décidé d’intervenir directement.**_
Le processus de désignation du futur directeur de la rédaction de Libération connaît un contretemps significatif. L’entretien au cours duquel Nicolas Barré devait exposer sa vision pour le quotidien, initialement prévu ce lundi, a été ajourné. Cette décision fait suite à l’expression d’une franche réticence au sein de la rédaction concernant le profil du candidat, un journaliste ayant notamment dirigé les rédactions du Figaro puis des Échos.
En lieu et place de cette audition, c’est Denis Olivennes, président du conseil de surveillance de l’actionnaire principal, qui s’adressera lundi aux équipes. Il a pour objectif de justifier personnellement cette proposition, intervenue peu après l’annonce inattendue du départ de Dov Alfon. La Société des journalistes et du personnel de Libération (SJPL) a fait état d’une « incompréhension » face à ce choix, tout en qualifiant les échanges avec la direction d’« constructifs ». Denis Olivennes a pour sa part souligné une volonté commune d’éviter toute crise interne.
La nomination de Nicolas Barré suscite des interrogations liées à son parcours éditorial, perçu par certains comme éloigné de l’identité historique du titre, né dans le sillage de Mai 68. Bien que la rédaction dispose théoriquement d’un droit de veto sur cette nomination, la situation financière fragile du journal semble peser sur les débats. Libération, malgré un redressement opéré ces dernières années, reste dépendant des soutiens financiers de son actionnaire de référence, le groupe de Daniel Kretinsky, qui a dû procéder à plusieurs recapitalisations.
Cette période de transition intervient à un moment sensible, à un an de l’élection présidentielle, alors que la stabilité de la direction est considérée comme un enjeu majeur. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir du journal, entre la nécessité d’apaiser les tensions internes et l’impératif de trouver une direction capable de poursuivre son développement.

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kazimirov
10 avril 2026 at 22 h 59 min
Ils veulent clairement un rédac chef LFI compatible les courageux membres du syndicat des journalistes du sjpl. Ils sont aussi indépendants et ouverts que leurs pendants du groupe Bolloré. Triste presse !