Monde
La deuxième phase du plan américain pour Gaza, une paix qui se fait attendre

Alors que le plan de paix américain entre dans une nouvelle étape, les habitants de l’enclave palestinienne décrivent une réalité inchangée, marquée par la persistance des frappes et des conditions de vie désastreuses.
Depuis sa tente à Gaza-ville, Mahmoud Abdel Aal observe un paysage de ruines, balayé par les vents. Comme de nombreux autres résidents interrogés, il ne perçoit aucune amélioration tangible depuis l’annonce du passage à la deuxième phase du plan américain. Les frappes aériennes israéliennes, bien que moins intenses que durant les mois précédents, continuent de résonner presque quotidiennement. La Défense civile, une organisation de premiers secours, a ainsi rapporté plusieurs victimes dans les heures ayant suivi l’annonce de l’émissaire américain.
Plus au sud, à Deir el-Balah, la famille al-Houli fouille les décombres de son foyer, récemment touché par un raid. Un voisin, Ahmad Sulayman, constate avec amertume le décalage entre les déclarations médiatiques et la situation sur le terrain. Les accusations mutuelles de violations de la trêve entre Israël et le Hamas se poursuivent, l’armée israélienne justifiant ses récentes opérations par des tirs contre ses positions.
La formation au Caire d’un comité technocratique palestinien, chargé de superviser la reconstruction sous l’égide d’un futur Conseil de paix, ne suscite guère d’optimisme parmi une population épuisée. Hossam Majed, qui vit dans les vestiges de sa maison à Gaza-ville, craint que le processus, qui inclut le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes, ne s’étende sur de longues années, retardé par divers prétextes selon lui.
La précarité demeure extrême pour la grande majorité des habitants. Les réseaux essentiels, de l’eau à l’électricité en passant par la gestion des déchets, sont hors service. Le système de santé fonctionne au ralenti et la reprise scolaire n’est que très partielle, la majorité des infrastructures ayant été détruites. Les organisations humanitaires soulignent que l’aide, bien qu’en légère progression par endroits, reste insuffisante en raison des contraintes logistiques persistantes.
Malgré tout, une lueur d’espoir ténue subsiste. Pour Nivine Ahmad, déplacée dans le sud de l’enclave, l’annonce du comité de gouvernance a fait naître l’image d’un retour possible vers une vie normale, même modeste. Elle évoque le rêve d’un abri préfabriqué disposant des services de base, symbole à ses yeux de la fin véritable des hostilités. En attendant, comme beaucoup, elle ne compte que sur l’espoir et la patience pour supporter le quotidien.

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