Politique
Un mouvement social d’une ampleur inédite secoue la Belgique

Le royaume fait face à la plus importante mobilisation syndicale depuis quatre décennies, en réaction au plan de rigueur budgétaire du gouvernement.
Un conflit social d’une intensité rare paralyse progressivement la Belgique. Cette mobilisation exceptionnelle constitue une réponse directe au programme d’assainissement des finances publiques présenté par l’exécutif. Le Premier ministre Bart De Wever avait soumis en décembre dernier un projet visant à réduire les dépenses de l’État de vingt milliards d’euros. Après des mois de négociations au sein de la coalition de centre droit, un accord a finalement été trouvé fin novembre, prévoyant des économies de 9,2 milliards d’euros.
Face à ces mesures d’austérité, les syndicats, associations et formations politiques de gauche ont lancé un mouvement de protestation d’une ampleur inobservée depuis les années 1980. Les cheminots ont initié dimanche soir une grève de trois jours, devant culminer par une paralysie générale des activités ce mercredi. Le trafic ferroviaire national est fortement perturbé, avec seulement la moitié des liaisons Bruxelles-Paris maintenues, tandis que les Eurostar vers Lille et Londres circulent normalement.
Les agents de la SNCB, l’équivalent belge de la SNCF, menacent d’étendre leur mouvement sur une semaine supplémentaire si le gouvernement persiste dans son projet de réforme des retraites. Ce dernier prévoit de relever progressivement l’âge légal de départ de 55-60 ans à 67 ans. Les aéroports de Bruxelles-Zaventem et Charleroi seront totalement à l’arrêt mercredi, accentuant la paralysie du pays.
De nombreux services publics subiront également les effets de cette mobilisation, avec des perturbations attendues dans les secteurs postal, hospitalier, pénitentiaire, audiovisuel et administratif. Un service minimum sera assuré dans certains domaines essentiels. Les organisations syndicales, qui espéraient initialement voir la coalition gouvernementale renoncer à son projet, proposent des alternatives fondées sur une fiscalité plus progressive et un renforcement des moyens dédiés à la lutte contre la fraude fiscale.

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