Monde
Vingt-cinq collégiennes enlevées dans le nord-ouest du Nigeria

L’enlèvement de ces élèves dans l’État de Kebbi suscite une vive émotion jusqu’aux États-Unis, où la question des persécutions religieuses alimente les débats politiques.
Les forces de sécurité nigérianes poursuivent activement les recherches pour localiser vingt-cinq adolescentes enlevées dans leur établissement scolaire de Maga. L’attaque, survenue dans la nuit de dimanche à lundi, a coûté la vie au directeur adjoint de l’école avant que les assaillants ne prennent la fuite avec les jeunes filles. Ce nouvel enlèvement de masse rappelle les pratiques de groupes criminels qui sévissent régulièrement dans cette région du pays.
Aux États-Unis, cet événement a immédiatement retenu l’attention des cercles politiques conservateurs. Le représentant Riley Moore a invité la population à prier pour le retour des élèves, évoquant dans ses déclarations un contexte de persécution religieuse. Les autorités nigérianes ont pour leur part précisé que toutes les jeunes filles enlevées étaient de confession musulmane, contredisant ainsi certaines interprétations circulant outre-Atlantique.
Cet incident survient dans un climat diplomatique tendu entre Washington et Abuja. L’administration américaine évalue actuellement la possibilité d’inscrire le Nigeria sur sa liste des pays particulièrement préoccupants en matière de liberté religieuse. Le président Trump avait récemment évoqué des violences contre les chrétiens perpétrées par ce qu’il qualifie de terroristes islamistes, menaçant même une intervention militaire. Le gouvernement nigérian rejette fermement ces accusations, soulignant que l’insécurité affecte l’ensemble de la population sans distinction confessionnelle.
Sur le terrain, l’armée nigériane a reçu l’ordre de mener des opérations de recherche sans relâche. Le général Waidi Shaibu a insisté sur l’impératif de retrouver les adolescentes, déclarant que le succès de cette mission n’était pas optionnel. Le gouverneur de l’État de Kebbi et le ministre de la Défense ont tous deux assuré que tous les moyens étaient déployés pour assurer la libération des otages.
Le récit de l’épouse du directeur adjoint assassiné décrit une intrusion violente au domicile familial. Réveillée par des bruits suspects, elle a tenté de résister aux assaillants avant que son mari ne soit abattu. Sa fille, initialement capturée, a finalement réussi à s’échapper pendant que les kidnappeurs étaient occupés avec les autres victimes.
Cette affaire représente le deuxième enlèvement massif d’élèves dans la région de Kebbi depuis 2021, où plus de cent étudiants et membres du personnel avaient été capturés à Yauri. La plupart avaient été libérés progressivement, certaines jeunes filles revenant avec des enfants nés pendant leur captivité.
La zone frontalière entre le Nigeria et le Niger reste confrontée à une double menace. D’un côté, les groupes jihadistes exploitent les failles sécuritaires, de l’autre, des bandes criminelles organisées pratiquent pillages, extorsions et enlèvements contre rançon. Ces dernières opèrent souvent depuis des camps dissimulés dans la forêt de Zamfara, d’où elles lancent des raids contre les villages alentour.

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