Économie
L’Europe déploie Jupiter, son supercalculateur exascale pour l’IA et la recherche

Ce géant technologique, installé en Allemagne, représente une avancée majeure pour la souveraineté numérique européenne et la compétitivité scientifique internationale.
L’Union européenne a officiellement mis en service Jupiter, son premier supercalculateur exascale, situé à Jülich en Allemagne. Cette infrastructure, développée par le groupe français Atos pour un investissement de 500 millions d’euros, est financée à parts égales par Bruxelles et Berlin. Elle constitue une réponse stratégique aux retards accumulés par l’Europe dans le domaine de l’intelligence artificielle et du calcul haute performance.
Avec une capacité de traitement dépassant le milliard de milliards d’opérations par seconde, Jupiter se classe au quatrième rang mondial et devient le premier système européen à atteindre le seuil de l’exascale. Son installation s’étend sur près de 3 600 mètres carrés et intègre environ 24 000 puces graphiques fournies par l’américain Nvidia, aujourd’hui indispensables à l’entraînement des modèles d’IA.
La puissance de calcul offerte par cette machine ouvre des perspectives significatives pour la recherche européenne. Elle permettra notamment le développement de modèles de langage à grande échelle, comparables à ceux qui sous-tendent des outils comme ChatGPT, domaine où l’Europe accuse encore un retard face aux États-Unis et à la Chine. Selon les experts, les performances des systèmes d’IA dépendent directement de la capacité de calcul disponible, un domaine où Jupiter comble un déficit structurel.
Au-delà de l’intelligence artificielle, le supercalculateur sera mis à contribution pour des simulations climatiques de long terme, permettant d’anticiper avec une précision inédite l’évolution des phénomènes météorologiques extrêmes. Il contribuera également à optimiser la conception des énergies renouvelables, comme les éoliennes, et à modéliser des processus cérébraux complexes pour la recherche médicale.
Si Jupiter marque une étape décisive, sa dépendance aux technologies américaines illustre les défis qui persistent en matière d’autonomie stratégique. Son déploiement n’en reste pas moins un signal fort de la volonté européenne de se positionner dans la course technologique mondiale.

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