Monde
L’Irak mise sur les eaux souterraines pour sauver son agriculture face à la sécheresse

Face à l’assèchement des fleuves historiques, le pays puise sans compter dans ses réserves souterraines, une solution à double tranchant pour son autosuffisance alimentaire.
Au milieu des étendues désertiques de Najaf et Kerbala, des cercles de verdure surgissent là où la terre était jadis stérile. Ces oasis artificielles, nourries par des systèmes d’irrigation modernes, symbolisent la nouvelle stratégie agricole de l’Irak. Confronté à une sécheresse persistante et à la raréfaction des eaux de l’Euphrate et du Tigre, le pays se tourne massivement vers les nappes phréatiques pour cultiver son blé.
Les agriculteurs, comme Hadi Sahib, ont adopté des techniques innovantes pour maximiser les rendements. Grâce à des arroseurs rotatifs, ils réduisent de moitié leur consommation d’eau tout en obtenant des récoltes record. Le gouvernement encourage cette transition en louant des terres à des prix symboliques et en subventionnant l’équipement nécessaire. Résultat : près de 60 % des surfaces cultivées cette année dépendent désormais des eaux souterraines.
Pourtant, cette dépendance inquiète les experts. Les réserves, accumulées sur des millénaires, s’épuisent à un rythme alarmant. En Arabie saoudite voisine, une surexploitation similaire a conduit à l’effondrement des réserves en moins de trois décennies. En Irak, les puits doivent être creusés toujours plus profondément, signe d’une baisse critique des niveaux. Les autorités reconnaissent le danger mais peinent à réguler l’accès à cette ressource vitale, faute de données précises.
Si cette stratégie a permis au pays d’atteindre l’autosuffisance en blé, elle pose un dilemme majeur : sacrifier les réserves futures pour nourrir la population aujourd’hui. Sans une gestion rigoureuse, le miracle agricole irakien pourrait bien tourner au cauchemar hydrologique.

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