Planète
Un sanctuaire pour guépards rescapés du trafic vers la péninsule arabique


Dans la région du Somaliland, un centre de conservation accueille près de 130 félins sauvés des réseaux criminels. Ces animaux, destinés à devenir des animaux de compagnie de luxe dans les pays du Golfe, illustrent un commerce illégal qui menace gravement la survie de l’espèce à l’échelle continentale.
Ces félins aux silhouettes élancées et au pelage tacheté ont été recueillis alors qu’ils n’étaient encore que des petits, arrachés à leur milieu naturel. Ils résident désormais dans un vaste complexe situé dans la savane, à plus d’une heure de la capitale Hargeisa. Leur présence témoigne d’un trafic international qui prélève des guépardeaux dans la Corne de l’Afrique pour les acheminer, via le Yémen, vers des marchés clandestins dans la péninsule arabique.
La population de guépards dans cette région est estimée à quelques centaines d’individus seulement. Les pensionnaires de ce centre représentent ainsi une proportion significative des effectifs sauvages locaux, soulignant l’impact dévastateur de ce commerce. Alors que l’espèce est considérée comme vulnérable au niveau mondial, sa situation est jugée bien plus critique en Afrique de l’Est.
Les animaux arrivent souvent dans un état de santé précaire, après des transports éprouvants. Pour chaque jeune guépard parvenant à destination, plusieurs autres succomberaient durant le voyage. Ceux qui survivent rencontrent rarement des conditions de vie adaptées et ont une espérance de vie très réduite en captivité.
Les autorités locales tentent d’intercepter les convois. Des opérations de saisie ont permis de récupérer des groupes de bébés guépards, nécessitant parfois des soins d’urgence. Malgré l’adoption de législations répressives dans certains pays destinataires, le trafic persiste, alimenté par la demande d’animaux exotiques perçus comme des symboles de statut social.
La pauvreté des communautés rurales, qui peuvent tirer un revenu immédiat de la capture, constitue un facteur facilitant ce commerce. La lutte contre ce fléau passe donc à la fois par la répression, la protection directe des animaux et le développement d’alternatives économiques.
La majorité des guépards hébergés dans le centre, désormais habitués à la présence humaine, ne pourront probablement jamais retrouver la vie sauvage. L’organisation qui les gère explore néanmoins des solutions pour offrir à certains d’entre eux des conditions de semi-liberté, dans l’espoir de futures réintroductions. Leur sort met en lumière les conséquences durables du trafic sur la faune sauvage.





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