Économie
TikTok échappe à l’interdiction aux États-Unis grâce à une restructuration majeure


La plateforme de vidéos annonce la création d’une coentreprise sous contrôle américain, mettant un terme à des années de tensions géopolitiques et de procédures judiciaires.
TikTok a officialisé jeudi une transformation radicale de sa gouvernance sur le sol américain. Pour se conformer à la législation locale et lever la menace d’une exclusion du marché, l’application a constitué une coentreprise dont le capital est désormais majoritairement détenu par des investisseurs des États-Unis. Cette nouvelle architecture juridique, présentée comme une entité indépendante, est conçue pour administrer les services destinés à plus de deux cents millions d’utilisateurs nord-américains.
La mesure répond directement à une loi fédérale adoptée sous l’administration Biden, qui contraignait la maison-mère chinoise ByteDance à se dessaisir du contrôle de ses activités nationales. L’initiative a reçu l’aval des plus hautes sphères politiques. L’actuel locataire de la Maison Blanche s’est félicité de cette issue, saluant sur ses propres canaux la collaboration des parties prenantes et le sauvetage de l’application.
Le capital de la nouvelle structure est réparti entre plusieurs fonds et groupes technologiques américains de premier plan, dont Oracle et Silver Lake. Ces acteurs assureront notamment la gestion des données des utilisateurs dans des infrastructures cloud sécurisées. ByteDance conserve une participation minoritaire, strictement inférieure au seuil de vingt pour cent stipulé par le texte de loi.
La direction opérationnelle sera confiée à un conseil d’administration de sept membres, en majorité citoyens américains, qui supervisera les aspects liés à la modération des contenus, à la sécurité des algorithmes et à la protection des informations personnelles. TikTok conservera, pour sa part, la maîtrise de ses activités commerciales et de l’interopérabilité technique à l’échelle mondiale.
Cette restructuration intervient après de longs mois de négociations et plusieurs reports de délais imposés par l’exécutif. Elle vise à apaiser les craintes exprimées par le législateur quant à la possibilité que des données sensibles ou l’influence du réseau social puissent être soumises à des intérêts étrangers. La plateforme avait précédemment reconnu que certains de ses employés basés en Chine avaient pu accéder à des informations concernant des comptes américains, tout en niant fermement tout transfert vers les autorités de Pékin.





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