Économie
Népal. Répression meurtrière lors d’une mobilisation pour les libertés numériques

Les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des milliers de manifestants protestant contre la censure des plateformes en ligne et les dérives corruptives du pouvoir. Le bilan provisoire fait état de seize morts et d’une centaine de blessés.
Les rues de Katmandou ont été le théâtre d’affrontements d’une rare violence ce lundi, après que les forces de l’ordre eurent reçu l’ordre de disperser un rassemblement massif contestant la suspension de l’accès aux réseaux sociaux. Selon un porte-parole de la police, seize personnes ont perdu la vie et plus d’une centaine ont dû être hospitalisées, dont plusieurs membres des forces de l’ordre.
Les heurts se sont intensifiés en milieu de journée alors que les manifestants tentaient de s’approcher du Parlement, dont les abords avaient été sécurisés par des barrières et des fils barbelés. Les forces de l’ordre ont eu recours à des canons à eau et à des gaz lacrymogènes, puis, selon plusieurs témoignages recueillis par des médias locaux, à des tirs à balles réelles.
L’hôpital civil de Katmandou a été submergé par l’afflux de blessés. Une responsable médicale a indiqué que plus de cent cinquante personnes y avaient été admises, dont trois sont décédées des suites de leurs blessures. Des résidus de gaz lacrymogènes ont même pénétré dans les bâtiments, compliquant la tâche des équipes soignantes.
À l’origine de la colère populaire, une décision des autorités népalaises d’interdire l’accès à vingt-six plateformes sociales, parmi lesquelles Facebook, YouTube et X, pour non-respect d’une obligation d’enregistrement local. Cette mesure, justifiée officiellement par la volonté de mieux réguler les contenus, est perçue par une partie de la population comme une entrave délibérée à la liberté d’expression.
Les manifestants, majoritairement jeunes, dénoncent également un climat de corruption généralisée. Depuis plusieurs jours, des vidéos circulant sur les réseaux encore accessibles, comme TikTok, mettent en cause le train de vie ostentatoire de proches de hauts responsables.
Le gouvernement a assuré, dans un communiqué publié la veille des événements, que cette mesure n’avait pas pour objet de restreindre les libertés fondamentales, mais de les protéger. Il a promis de rétablir les services dès que les entreprises concernées se conformeraient à la réglementation.
Une réunion d’urgence du cabinet ministériel devait se tenir en fin de journée pour examiner la situation.

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