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L’ouverture d’un procès pour l’attaque au couteau de Romans-sur-Isère

Plus de cinq ans après les faits, un réfugié soudanais comparaît devant la cour d’assises spéciale de Paris pour répondre d’actes terroristes ayant coûté la vie à deux personnes et blessé cinq autres.
Le procès d’Abdallah Osman Ahmed, ressortissant soudanais âgé de trente-huit ans, s’est ouvert ce lundi devant une juridiction criminelle spécialement composée. L’homme est poursuivi pour assassinats et tentatives d’assassinats à caractère terroriste, suite aux événements survenus en avril 2020 dans le centre-ville de Romans-sur-Isère. La cour examinera cette affaire jusqu’au sept novembre prochain.
Ce réfugié, diplômé en droit et ancien cultivateur, avait obtenu la protection internationale en France trois ans avant les faits. Le matin du quatre avril 2020, il avait mortellement frappé deux hommes, respectivement âgés de cinquante-quatre et quarante-trois ans, et blessé cinq autres personnes avec une arme blanche. Les témoignages recueillis décrivent un individu au regard vide, semblant hypnotisé, ayant agi dans un silence total.
L’état mental de l’accusé constitue un élément central du dossier. Trois expertises psychiatriques réalisées entre 2020 et 2023 ont abouti à des conclusions divergentes. Deux rapports ont évoqué une altération du discernement, tandis qu’un troisième a conclu à son abolition complète en raison de symptômes délirants et dépressifs présents plusieurs semaines avant le passage à l’acte.
Les juges d’instruction ont néanmoins souligné que les troubles psychiques ne constituaient probablement pas le seul facteur déclencheur. Ils ont relevé l’influence combinée du déracinement, de l’isolement social et du contexte du premier confinement sanitaire. La veille des événements, l’intéressé avait publié des écrits se référant à l’idéologie islamiste radicale, justifiant son geste imminent. Son téléphone portable contenait par ailleurs des documents de propagande jihadiste.
L’enquête a établi que M. Osman Ahmed, bien que pratiquant une forme traditionnelle de l’islam, n’était pas identifié comme membre d’une organisation terroriste. Les magistrats ont estimé que son parcours migratoire difficile et son sentiment croissant de solitude avaient créé un terrain propice à l’adhésion à des motivations terroristes. L’accusé affirme quant à lui n’avoir conservé aucun souvenir des événements, évoquant uniquement des voix intérieures l’ayant incité à passer à l’acte.

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