Culture
L’Institut du Monde Arabe, un pont culturel à consolider
À la tête de l’IMA, Anne-Claire Legendre entend combattre les préjugés et renforcer les liens entre la France et le monde arabe, dans un contexte de défis financiers et de mutations géopolitiques.
Naviguant entre héritage culturel et enjeux diplomatiques, l’Institut du Monde Arabe célèbre bientôt ses quarante ans. L’institution parisienne, fondée en partenariat avec la France et la Ligue arabe, traverse une période de réflexion sur son modèle économique et sa mission fondamentale. Sa nouvelle présidente, Anne-Claire Legendre, ancienne porte-parole de la diplomatie française, souligne la nécessité de fournir des clés de lecture sur une région souvent perçue à travers le prisme de l’actualité immédiate. Elle défend un rôle de médiateur culturel, essentiel pour apaiser les mémoires et construire des récits partagés.
Le financement constitue l’un des dossiers prioritaires. Depuis que les contributions systématiques des États arabes ont pris fin il y a une décennie, l’IMA doit repenser son équilibre budgétaire, qui repose pour moitié sur des fonds publics français. La question de la pérennité de ce soutien se pose dans un climat politique marqué par des débats sur les dépenses culturelles. La présidente rappelle que l’institut représente un instrument du rayonnement national et qu’il contribue à la cohésion sociale en valorisant une part constitutive de l’identité française.
L’action de l’IMA s’oriente également vers un ancrage plus fort dans le territoire national. Le développement de l’enseignement de la langue arabe dans un cadre laïc et républicain est présenté comme une réponse à une demande croissante, dans un contexte où l’offre scolaire peine parfois à suivre. Parallèlement, l’institution doit renouveler son dialogue avec les jeunes générations du monde arabe, dont les horizons et les références évoluent rapidement. Maintenir ce lien est jugé crucial pour éviter un éloignement culturel et politique.
Au-delà des aspects gestionnaires, la mission de l’institut reste profondément ancrée dans le pouvoir de la culture comme vecteur de dialogue. Dans un paysage international complexe, notamment au Moyen-Orient, la capacité à créer des imaginaires communs est perçue comme une condition préalable à toute résolution de conflits durables. L’enjeu, selon sa dirigeante, est de dépasser les récits antagonistes pour retrouver une grammaire commune, où l’art et la connaissance jouent un rôle central.
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