Société
Le RN dénonce l’opacité des règles de financement politique

Le parti d’extrême droite, privé de crédits bancaires, s’insurge contre des critères jugés trop flous concernant les prêts de particuliers.
Le Rassemblement national a vivement critiqué ce jeudi les ambiguïtés entourant le financement des campagnes électorales par des prêts individuels. Cette réaction intervient après une série de perquisitions menées dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de financement illicite lors des scrutins de 2022 et 2024. Les investigations visent notamment des montants avancés par des particuliers pour soutenir les candidatures du parti.
Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée, a déploré l’absence de cadre clair définissant la notion de prêt « habituel », seuil au-delà duquel ces contributions pourraient être requalifiées en dons déguisés. Il a souligné l’impossibilité pour les formations politiques de se conformer à des règles qui ne figurent ni dans la loi ni dans les décrets. « Comment voulez-vous que nous anticipions une disposition aussi floue ? », a-t-il interrogé, dénonçant un traitement inéquitable.
Le parti met également en avant les difficultés rencontrées pour obtenir des financements bancaires traditionnels, contrairement à d’autres formations. Thomas Ménagé, porte-parole du groupe, a rappelé que cette situation contraignait le RN à se tourner vers des solutions alternatives, comme le recours à des prêteurs privés. Il a appelé à la création d’un dispositif public garantissant un accès égalitaire aux ressources financières pour tous les partis.
Les perquisitions, coordonnées par le parquet de Paris, ont ciblé plusieurs sociétés et domiciles de dirigeants en lien avec ces opérations. L’enquête cherche à déterminer si les montants perçus respectaient les plafonds légaux et les conditions fixées par la Commission nationale des comptes de campagne. Celle-ci exige un signalement systématique dès lors qu’un même prêteur dépasse un certain nombre d’opérations ou un montant global de 75 000 euros.
Le RN assure avoir toujours agi en toute transparence, tout en pointant du doigt un système qu’il juge discriminatoire à son égard. La polémique relance le débat sur les modalités de financement de la vie politique, dans un contexte où les formations minoritaires dénoncent régulièrement des obstacles structurels.

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