Planète
Le Conseil d’État suspend l’autorisation de tir défensif contre un loup dans les Hautes-Pyrénées


La plus haute juridiction administrative a estimé que la présence très limitée du prédateur dans ce département justifiait une protection absolue, annulant une décision préfectorale.
Le Conseil d’État a rendu une décision mettant un terme à une autorisation de tir délivrée à un éleveur des Hautes-Pyrénées. Cet arrêté préfectoral, pris au printemps, permettait au responsable d’un groupement pastoral de la commune de Saint-Pé-de-Bigorre de procéder à des tirs dits de défense simple pour protéger ses bêtes. La juridiction a motivé son annulation par la situation particulière de l’espèce dans ce territoire. Les services de l’État n’y ont en effet identifié qu’un seul individu mâle à ce jour, une population jugée trop faible pour supporter le moindre prélèvement.
La haute instance a considéré que la mesure contestée était susceptible de nuire à la préservation du loup à l’échelle locale. Cette analyse a conduit à l’invalidation de la décision administrative, confirmée en première instance par le tribunal de Pau. L’État a par ailleurs été condamné à verser une somme de trois mille euros à l’association de protection de la faune sauvage Ferus, à l’origine du recours, pour couvrir ses frais de justice.
Cette affaire, bien que circonscrite à un département, s’inscrit dans un contexte national de tensions récurrentes autour de la gestion du prédateur. Les représentants du pastoralisme contestent régulièrement les estimations officielles de la population lupine, qu’ils jugent sous-évaluées. Ils ont récemment critiqué la méthode de comptage après la publication du dernier bilan, faisant état de mille quatre-vingt-deux loups sur le territoire métropolitain.
Parallèlement, le cadre réglementaire évolue. Depuis le début de l’année, les procédures ont été simplifiées pour les éleveurs confrontés à des attaques. La nécessité d’une autorisation préalable pour un tir de défense a été supprimée, remplacée par une obligation de déclaration a posteriori auprès des services préfectoraux. La répartition des meutes reste toutefois très inégale sur le territoire, avec une forte concentration dans l’arc alpin. Une expansion progressive est néanmoins observée vers d’autres massifs, notamment le Massif central, le Jura, les Vosges et les Pyrénées.





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