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La trêve ukrainienne bafouée par une nouvelle frappe russe

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À peine entrée en vigueur, la trêve unilatéralement décrétée par Kiev a été violée par une attaque aérienne russe dans la région de Zaporijjia, tandis que le bilan des frappes de la veille s’alourdit à 28 morts.

L’Ukraine a dénoncé mercredi matin une nouvelle agression russe, quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu annoncé unilatéralement par Kiev. Cette trêve, qui devait débuter à minuit, a été immédiatement compromise par une frappe sur un site industriel dans la région de Zaporijjia, selon les autorités locales. Alors que les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs régions ukrainiennes, aucune attaque ukrainienne n’a été signalée du côté russe depuis le début de cette pause.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé cette trêve à durée indéterminée lundi, en réponse à une demande similaire de son homologue russe Vladimir Poutine pour les célébrations du 9 mai, marquant la victoire contre l’Allemagne nazie. Le dirigeant ukrainien, qui milite depuis longtemps pour un arrêt des hostilités, avait toutefois prévenu que son pays répliquerait de manière symétrique à toute violation de cet accord.

La journée de mardi a été particulièrement meurtrière. Selon un bilan actualisé des autorités locales, 28 personnes ont perdu la vie dans différentes régions du pays. Douze à Zaporijjia, six à Kramatorsk, quatre à Dnipro, quatre à Poltava, une à Kharkiv et une à Nikopol. « Nous avons besoin que ces frappes et toutes les autres cessent chaque jour, et pas seulement quelques heures ici ou là, au nom de prétendues célébrations », a déclaré M. Zelensky, dénonçant un cynisme absolu de la part de Moscou.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiga, a également réagi sur les réseaux sociaux, affirmant que la Russie ne montrait aucun signe de volonté de mettre fin aux hostilités, bien au contraire. « À quelques heures seulement de l’entrée en vigueur de la proposition de cessez-le-feu de l’Ukraine, Moscou intensifie la terreur », a-t-il écrit.

De leur côté, les autorités russes ont signalé une attaque ukrainienne de drones sur la Crimée occupée, qui aurait fait cinq morts mardi soir dans la localité de Dzhankoi. L’Ukraine réclame depuis longtemps une trêve prolongée pour faciliter des négociations de paix, alors que le conflit, déclenché par l’invasion russe en février 2022, est le plus sanglant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la guerre en Ukraine a été largement reléguée au second plan dans les priorités de la Maison Blanche, et les perspectives de pourparlers semblent s’éloigner.

L’analyste politique ukrainien Volodymyr Fessenko estime que cette annonce de trêve constitue une manœuvre tactique sur les plans informationnel et politique. « Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, nous sommes en droit de ne pas respecter le sien. Cela annule l’initiative de Poutine », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il était presque certain qu’aucune des deux trêves ne serait pleinement respectée. En avril, un cessez-le-feu de 32 heures pour la Pâques orthodoxe avait déjà été violé à de nombreuses reprises, même si un arrêt des attaques aériennes à longue portée avait été observé.

Moscou refuse tout cessez-le-feu durable, arguant qu’il permettrait à Kiev de renforcer ses défenses. La Russie exige notamment, avant tout arrêt des combats, que l’Ukraine lui cède l’intégralité de la région de Donetsk, que l’armée russe ne contrôle que partiellement. Pour la première fois depuis l’été 2023, la zone sous contrôle ukrainien a diminué d’environ 120 kilomètres carrés en avril, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de l’Institut pour l’étude de la guerre.

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