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La réforme électorale des grandes villes franchit une étape décisive


Les députés ont définitivement adopté la modification du mode de scrutin pour Paris, Lyon et Marseille, malgré les résistances du Sénat et les divisions politiques.
L’Assemblée nationale a clos jeudi le débat sur la réforme du scrutin municipal dans les trois plus grandes villes françaises. Le texte, porté par un député de la majorité présidentielle, a été voté par 112 voix contre 28, avec le soutien du Rassemblement national, de La France insoumise et d’une partie de la coalition au pouvoir. Il met fin à un système en vigueur depuis 1982, jugé par ses détracteurs comme opaque et inéquitable.
Le nouveau dispositif introduit deux bulletins distincts, l’un pour les conseillers d’arrondissement, l’autre pour les conseillers municipaux, élus cette fois sur une circonscription unique. La prime majoritaire accordée à la liste arrivée en tête est également revue à la baisse, passant de 50 % à 25 %, une singularité par rapport aux autres communes françaises. Les partisans de la réforme y voient un moyen de rétablir l’équité, en évitant qu’un maire puisse être élu sans majorité absolue des suffrages, comme cela s’est produit par le passé à Marseille.
Les critiques, en revanche, dénoncent une manœuvre à visée électoraliste, adoptée à quelques mois des prochaines municipales. Certains élus socialistes, écologistes et centristes ont vivement contesté le calendrier, contraire selon eux aux règles du code électoral. À Paris, des voix s’élèvent pour dénoncer une réforme taillée sur mesure pour favoriser la ministre Rachida Dati, candidate LR à la mairie. Anne Hidalgo, maire sortante, y voit une « manœuvre politique » nuisible à la démocratie locale.
Du côté du Sénat, l’hostilité reste marquée. La chambre haute, dont l’avis a été écarté par le gouvernement, promet de saisir le Conseil constitutionnel, tout comme une partie des oppositions à l’Assemblée. Les sénateurs LR dénoncent un « passage en force », rompant avec leur habituel soutien à l’exécutif. À Lyon, les écologistes jugent le dispositif « inapplicable », tandis qu’à Marseille, certains élus socialistes saluent au contraire la fin d’un système dépassé.
Cette réforme, au-delà des clivages qu’elle suscite, marque un tournant dans l’organisation des élections locales. Reste à savoir si elle survivra aux recours juridiques qui se préparent.





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