Société
La production de « Dropped » face à la justice dix ans après le crash en Argentine
Le parquet de Paris requiert un procès pour homicides involontaires contre la société de production et son responsable sécurité, estimant que leurs négligences ont conduit à l’accident le plus meurtrier de l’histoire de la téléréalité.
Dix années après le crash de deux hélicoptères lors du tournage de l’émission « Dropped » en Argentine, la justice française franchit une étape décisive. Le parquet de Paris a requis l’ouverture d’un procès pour homicides involontaires à l’encontre de la société Adventure Line Productions (ALP) et de son responsable sécurité. Les magistrats estiment que des manquements graves ont été commis, ayant directement contribué à la survenue de l’accident qui a coûté la vie à dix personnes, dont trois athlètes français de renom.
Parmi les victimes figuraient la navigatrice Florence Arthaud, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat, ainsi que cinq membres de l’équipe de production et deux pilotes argentins. L’événement, survenu le 9 mars 2015 dans la province de La Rioja, avait profondément marqué le paysage audiovisuel et soulevé de vives questions sur les conditions de sécurité dans les tournages de programmes d’aventure.
Les investigations menées par le pôle accidents collectifs ont mis en lumière plusieurs défaillances organisationnelles. Les enquêteurs reprochent notamment à la production de ne pas avoir organisé de briefing prévol en présence des deux pilotes, et de ne pas s’être assurée du strict respect des normes aéronautiques en vigueur. Les manœuvres envisagées pour les besoins du tournage, consistant à réaliser des prises de vues aériennes rapprochées, n’avaient pas fait l’objet d’une planification suffisante.
La décision du parquet représente un soulagement pour les familles des victimes, qui attendent depuis près d’une décennie que les responsabilités soient établies. Me Solenn Le Tutour, l’une de leurs avocates, a salué une avancée significative tout en déplorant la lenteur de la procédure. Le juge d’instruction doit désormais se prononcer sur la suite à donner à ces réquisitions.
En revanche, un non-lieu a été requis pour les anciens dirigeants d’ALP, distincts du responsable sécurité toujours mis en cause. La société, filiale du groupe Banijay, avait déjà été condamnée au civil pour faute inexcusable dans ce dossier, confirmant ainsi les manquements qui lui sont reprochés.
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