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La France accélère la protection de ses sites critiques face à la menace grandissante des drones

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Face à une menace drone de plus en plus diversifiée et pressante, la France intensifie ses efforts pour sécuriser ses infrastructures sensibles, en impliquant désormais les acteurs privés dans ce dispositif de défense.

La multiplication des survols interdits, qu’il s’agisse de prisons, de sites industriels ou d’installations militaires comme la base de l’Île Longue, illustre l’ampleur du défi. Le parc de drones civils enregistrés a dépassé 387 000 unités en 2024 et devrait atteindre plus de 682 000 d’ici 2030, selon une étude récente. Cette prolifération s’accompagne d’une diversification des menaces, allant du simple hobbyiste ignorant la réglementation jusqu’à des drones sophistiqués, parfois issus de conflits comme celui en Ukraine, et utilisés par des réseaux criminels ou dans le cadre de menaces hybrides attribuées à certaines puissances étrangères.

Le cadre juridique actuel ne permet qu’aux forces de sécurité intérieure et à l’armée de neutraliser un drone. Or, ces dernières ne peuvent couvrir l’ensemble des milliers de sites d’opérateurs d’importance vitale, dont la liste reste confidentielle. Pour combler cette lacune, deux textes législatifs sont en préparation. L’actualisation de la loi de programmation militaire prévoit d’autoriser des entreprises privées exploitant des sites critiques, ou leurs prestataires de sécurité, à rendre inopérant ou à neutraliser un drone survolant leurs installations. Parallèlement, la Loi résilience, dont l’examen est espéré pour juillet, vise à contraindre ces opérateurs à prendre en charge cette menace, avec des sanctions à la clé.

Sur le plan technique, la lutte antidrone repose sur trois piliers : la détection, la neutralisation et la coordination de l’ensemble. Depuis plusieurs mois, des entreprises, des start-up aux grands groupes, testent leurs équipements sur un site dédié à Bretigny-sur-Orge. L’objectif est de cartographier l’offre existante pour labelliser des produits et les proposer aux opérateurs d’importance vitale dès l’été. Trois systèmes de commandement et de contrôle français ont déjà été identifiés comme performants et ouverts.

Plusieurs obstacles subsistent avant que des agents de sécurité privée puissent effectivement intercepter un drone. Le coût d’un système de base peut atteindre 500 000 euros et grimper à plusieurs millions. Les opérateurs hésitent à investir dans un équipement qui ne génère pas de retour financier direct. La question de la formation est également cruciale, car les agents de sécurité, souvent rémunérés au salaire minimum, devront acquérir des compétences techniques pointues. Enfin, la gestion des risques et des responsabilités doit être encadrée, notamment pour éviter qu’un drone neutralisé ne chute sur des personnes, des zones dangereuses ou des habitations. Des préfets valideront des plans et règles d’engagement sur mesure pour chaque site.

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